RE RES
Dans l'asile enchanteur OÙ Va sa vanité.
Choisis done maintenant entre la vaine attente D'un fiancé pleuré dont l’image te tente
Et l’homme de devoir, digne du fiancé,
Ou l’homme de l'argent par le siècle encensé,
LUCILE
Lui! qui trahit son Dieu, son roi, la colonie, Et dont quelques écus seront tout le génie, Qui, devant Je danger, comme un lâche frémit Et rêve de plaisirs quand tout ici gémit, Jamais! C’est m'offenser de m’en croire ‘apable, Je ne serai jamais Jusqu'à ce point coupable, Un jour, lassé de Moi, pour suivre ses désirs, Le poltron trahirait. Qu'il aille à ses plaisirs. C’est ici qu'en mon cœur germa la fleur aimée, Sitôt fanée! Jei Je veux être inhumée.
Mes yeux ne verront plus celui qu'ils aimaient voir. S'il revient... j'en mourrai mais ferai mon devoir. Pour former des héros j’admets qu'il faut des mères Capables de porter les croix les plus amères
: Et d’aider leurs époux à sauver le pays Même s’il faut un jour épauler les fusils, Je suis prête an devoir. Que Jean le Gardeur vienne Et que mon âme seule en secret se sonvienne.
MAISONNEUVE
Monsieur l'abbé Souard vous unira demain Dans la chapelle,
est
LUCILE (lendant la main à Maisonneuve, avec des pleurs dans la voir.)
Vous disposez de ma main.
Je ne puis oublier qu'étant votre pupille Mon intérêt vons guide et je serai docile.
(s'edressant au ciel en se relirant),
Mais avant que d’avoir englouti mon passé, Mon Dicu, ‘amêne-moi, sil vit, mon fiancé,
(On entend les aboïiements de Pilote, type historique des chiens gard'ens du Fort, pouvant flairer au loin l'approche des Troquois et prévenant bien des embüches, Les aboiements sont suivis de deux on trois coups de fen. Maisonneuve court à la fenêtre.)
LA SENTINELLE (parlant de l'extérieur),