RS AA
DOLLARD
Tu souffres avec art,
LUCILE
Je t’expliquerai tout. Je chasserai tes doutes
Et je te compterai mes larmes, toutes, toutes.
Mais tu te meurs de faim. Mange donc et sois mieux. Tu crois mon amour mort quand il brûle mes yeux.
DOLLA RD.
Oui, trahis ton époux au sortir de l’église.
Après m’avoir trahi l’habitude en est prise.
Au partage du sort le malheur fut mon lot.
Pour me nourrir ce soir j’avale mes sanglots
LUCILE
Serais-tu donc cruel ?
DOLLARD
Ou serais-tu perfide ?
Il est vrai qu’en entrant j'avais l’estomac vide, Depuis, mon cœur gonflé fit le vide petit Et j'ai plus de chagrin que je n’ai d’appétit. L’appétit reviendra sur le remou des heures Quand je ne pgverrai plus ce toit fatal...
fi —
(LUCILE, qui s'est longtemps contenue, éclate en sanglots, el Dollard, se ressaisissant, lui © "une voix émue):
DOLLARD
Tu pleures ?...
LUCILE
Sourd aux soupirs du cœur, aux voix de la raison = Â ’ ’ Tu me foules aux pieds, tu parles trahison.
Victime du devoir et de ton invective Ta captivité cesse et je deviens captive.