FRANÇOIS CRUSSON
Vivent Dieu, notre Dame et le roi.
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Nous jetons sur ce so! ne double semence :
Celle de l'Evangile et celle de la France ;
Qu'un grand peuple loyal en soit le moissonneur. | Qu'il marche avec droiture au sentier de l’honneur, ne. Qu'il aille sans faillir où le devoir l’entraîne.
le : Pour nous, gladiateurs succombant dans l’arène, Nous dormirons heureux notre dernier sommeil En attendant l’appel du suprême réveil.
À nos derniers regards que la patrie est belle! Comme elle parle au cœur qui se brise pour elle! À cette heure troublante où nous allons mourir
Je dis: C’est volontiers mais non pas sans souffrir, * à Notre cœur est semblable à la claire fontaine
É Qui déverse les pleurs de sa coupe trop pleine
Tout en réfléchissant la lumière des cieux.
Adieu... Puisse la France être heureuse en ces
[lieux!.
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ETIENNE ANNAHOTAHA, s’avançant d’une couple de pas.
Descendant des Iurons dont la race agonise,
Parent de tous ces morts bénis par votre église,
Je sens parler en moi la voix des vieux guerriers
Demandant un vengeur des bourgs incendiés.
Je suis, comme ils étaient, séduit par votre France
Qui méprise la mort en chantant l'espérance.
Je veux avec vos preux, dans le fort du Long Sault,
Combattre et m’enivrer de vaillance à l'assaut,
Mourir en assommant les bourreaux de ma race + Et suivre dans les cieux mes pères à la chasse,
(s'adressant à Maisonneuve)
Je vous demande done, 6 Père, la faveur De former un parti de quarante lutteurs Fils des guerriers Hurons, vos alliés naguère,
(se tournant vers Dollard et ses compagnons)
Pour vous aider, héros, jusqu’à l'heure dernière.
MAISONNEUVE
Etienne, ta bravoure et ta fidélité Nous plaisent. Je consens. Sache qu’en vérité Ce pays écrira ton nom dans son histoire
Et nos petits neveux béniront ta mémoire,
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ETIENNE ANNAHOTAHA.
I'ime faut maintenant accomplir un devoir,
Dire ee qu'une nuit l'œil de Dieu me fit voir.
La lune descendait derrière la montagne.
Je marchais hors des murs observant la campagne, De la maison de Jean partirent des cris sourds Et je saisis les mots étouffés “ An Secours ! ”
Je n’avançai, prêtant une oreille attentive,
Je n’entendis plus rien que le flot sur la rive
Et le léger murmure, ami des petits vents
Qui bercent nos bébés dans les arbres mouvants,. Je souris en pensant que, dans nn mauvais rêve, Jean se croyait surpris ct scalpé sur la grêve
Alors qu’un front d'amour sommeillait près de lui. Mais la porte soudain vient de s'ouvrir sans bruit, Un homme sort, me voit, puis me saute à la gorge,
(GRISOU essayant de se moquer mais avec malaise) : |
Horrible histoire!
ETIENNE ANNAHOTAHA, impassible, continue:
Et dit: “ Vil Indien, je t’égorge, Si tu ne me promets le silence à l'instant.” Je saisis son poignet, je l’étreins tant et tant Que de douleur sa main s’entr'ouvre, et je respire: Pointant un pistolet, cet homme dit: “ je tire,
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Si tu ne fais serment de garder le secret.”
J’ai juré sur ta croix, Jésus de Nazarcth,
Et, depuis, le remords me ronge les entrailles Et je me sens un lâche, indigne des batailles. Je demande pardon aux mânes des aïcux
Par crainte de ia mort d’avoir Juré par eux.
Sur les mânes sacrés de ceux qui sont sous tèrre J’ai juré de partir et de toujours me taire.
Eh bien! c’en est assez, je ne me tairai plus Et je disculperai Lucile de Queylus.
Le meurtrier de Jean, dans la nuit solennelle, Ce ne fut pas cet ange, oh! non ce n’est pas elle,
(pointant Grisou) C’est lui. Je l’ai bien vu.
(mouvement) GRISOU, s’efforçant de parler avec calme.
Cela me ferait peur Si, contre ce récit d’un sauvage trompeur, Je n’avais en Dollard un témoin magnanime.
Jean j’emmena chez moi pendant la nuit du crime. DOLLARD.
Je ne t'ai pas suivi... ais je dois dire...
ETIENNE ANNAHOTAHA, à Dollard amicalement.
A scez.
sœur.
si.
mate.