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(éirant de son gilet de chamois un billet taché de sang | et le présentant au Jouverneur.)
Il tomba dans la lutte et je l’ai ramassé Cet écrit teint du sang de Jean.
GRISOU, effaré, se tournant pour fuir.
Je file.
MAISONNEUVE, à Grisou, avec force.
Restez.
(aux gardes) Surveillez-le.
NOLLARD,
La preuve, 6 ma Lucile!
MAISONNEUVE qui a parcouru le billet des yeux.
Sur ce billet troublant Jean pleura ses adieux.
GRISOU (se prenant les tempes de ses mains trem-
blantes, comme s’il revoyait la scène, répète les mots de Jean :)
C’est vrai ! ! !
one man,
MAISONNEUVE lit :
Chère Lucile.
Il vaut sans doute mieux
Que je parte. Grisou... m’apporte la nouvelle. Dollard est de retour et l’amour vous appelle. La nuit l’honneur, la foi, plus rien ne vous retient. Vous suivez votre amant dans l’ombre, sans gardien. Vous n'êtes pas loyale, et, pour votre âme fausse, L'enfer doit réserver quelque éternelle fosse,
Maintenant je vous hais d’un cœur qui vous aima.
Je la connais trop tard l’infidèle qui va,
Sous bois, au clair de lune, offenser la nuit blanche Et réveiller l'oiseau sommeillant sur la branche. Oui, ta fuite brutale en ce moment sacré
Me donne bien le droit, femme, de t’exécrer.
GRISOU se jetant aux genoux de Dollard.
Oh! devant vous, héros, je suis un misérable, Indigne de vous suivre au combat mémorable.
J’ai menti par amour et j’ai calomnié. | Pour mon pardon, Dollard, je me traîne à tes pieds. Le pardon n'est-il pas du ciel la clef de voûte ? Nous en avons besoin tout le long de la route. Quiconque le reçoit reçoit un don des cieux.
A celui qui le donne il est délicieux.
Est-il jamais sorti du sol évangélique
Une fleur plus riante, un mot plus pacifique ?
Je sens tout le néant des passions du cœur.
Je voudrais dans vos rangs racheter mon honneur.
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MAISONNEUVE
Cynique meurtrier, témoin faux et parjure,
Tu ne souilleras pas de ta présence impure | Les rangs de ces héros qui vont mourir en preux. Tu ternirais leur gloire en luttant avec eux.
Qui sait si quelque jour, redoutant la souffrance, Tu ne tournerais pas ton bras contre Ja France. Reste done dans ton rôle, artisan d’échafaud
(aux gardes)
Qu'on arrête cet homme et le mette au cachot.
(Les gardes exécutent cet ordre et rentrent au fort escortant Grisou.)
MAISONNEUVE à Jeanne Mance.
Mandez Lucile. Quelle vienne. Je l’ordonne,
Jeanne Mance rentre au fort.
DOLLARD à Annahotaha.
Gloire à toi, vaillant chef de la race huronne. DOLLARD à ses compagnons.
Vengeons les mânes des Hurons, peuple martyr Qui, le premier du sol, voulut se convertir.
prenom
MITIWEMEG, se joignant à Annahotaha.
Je me sens entraîné par votre fière audace.
(au gouverneur)
Algonquins et Hurons sont amis de ta race.
Je veux, comme Algonquin, à noble. gouverneur, Suivre Etienne et Dollard au sentier de l'honneur
MAISONNEUVE
Algonquins et Hurons, races hospitalières, Utiles dans 11 paix, fidèles dans les guerres, Au nom du Canada nous vous crions merci.
(à Mitiwemeg)
Oui, cher Mitiwemeg, tu peux les suivre aussi.
DOLLARD
Vivent Mitiwemeg et la race algonquine.
(Jeanne Mance entre avec Lucile, tout en blanc, suivie de seize autres jeunes filles vêtues de blanc, les fiancées des compagnons de Dollard. Jeanne Mance rejoint le groupe du gouverneur. Les compagnes de Lucile se rangent à côté de ce groupe en avant de l'enceinte. Lucile se détache d'elles d’un pas ou deux vers le centre de la scène.)
A PR a D NRA
MAISONNEUVE
Lucile, honneur à toi.
(1 met la main de Lucile dans celle de Dollard.)