SCÈNE I
MAISONNEUVE. L’ABBE SOUARD. JEANNE MANCE, SOEUR BOURGEOYS #r LUCILE.
LUCILE
C’est ici que Dollard nous a fait ses adieux. Ils me seront toujours chers et sacrés, ces lieux. Il me semble parfois, au milieu de mes Jarmes, Entendre retentir, au loin, le choc des armes.
MAISONNAUVE,
A l’heure où le soleil à l'horizon descend,
Il m’a paru, ce soir, se coucher dans le sa
Et nous aurions pu croire à quelque triste augure Si nos destins s’interprétaient par la nature.
L’ABBÉ SOUARD
Mais nous cherchons plus haut le sens de nos destins. Nous ayant dirigés vers ces pays lointains Dieu conduit notre barque au milieu de l'orage.
MAISONNEUVE,
Chaque soir nous venons ensemble sur la plage, À cette heure où le flot murmure une oraison.
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LUCILE
Et d’un œil anxieux nous scrutons l’horizon
Dans l'espoir d’y voir poindre un canot, une voile, Nous ramenant Dollard.
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SŒUR ROURGEOYS.
Il n’y point que l’étoile,
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L’ABBÉ SOUARD
Puisque nous n’avons plus revu les Troquois Depuis l’heure où Dollard nous quitta...
LUCILE
Plus d’un mois
L’ABBÉ SOUARD,
Nos héros ont dû faire un grand et noble ouvrage.
MAISONNEUVE
Je croïs que nous devons la paix à leur courage.
JEANNE MANCE
Je ne me plaindrai Pas si ma cour d'hôpital Cesse enfin de servir à des combats fatals.
LUCILE
J’aperçois un canot voguant vers cette rive.
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C’est un canot huron.
LUCILE
Il approche. Il arrive.
Reviens-tu du Long-Sault m’apprendre, messager, Que Dollard est sorti sain et sauf du danger ?