ACTE PREMIER
LAURA , dédaigneusement.
Apaisez, s’il vous plaît, ces alarmes trop fortes!
Mou honneur, en tremblant, n’écoute point aux portes,
Et ma vertu, je pense, est assez en crédit
Pour que je craigne peu les choses qu’on en dit;
Ai-je à répondre, moi, des rêves que vous faites?
Et croyez-vous, vraiment, qu’au milieu de vos fêtes,
Dieu m’impose, après tout, le devoir rigoureux D’empêcher la folie au cœur des amoureux?
Vous pouvez, je vous jure, à ma suite paraître.
Sans exposer à mal l’estime où j’entends être.
Ni faire aucunement — calmez vos repentirs —
Chavirer ma sagesse au vent de vos soupirs!
Si donc vous avez pris cette allure un peu louche Pour extorquer, ce soir, un aveu de ma bouche,
Vous vous trompez beaucoup — mais cent fois plus encor. Si vous craignez, marquis, de me faire du tort !
d’avila.
Frappez! j’ai mérité toute celte ironie;.
Et, pour mettre entre nous quelque peu d’harmonie, J’accepte vos dédains — sans trop m’en indigner —
En homme malheureux qui sait se résigner !...
(Il salue pour s’éloigner.) LAURA, dissimulant son dépit*
Ah ! parfait! votre main! — c’est ainsi qu’il faut être!...
(Elle lui tend la main.)
D AVILA, à part, en lui baisant la main.
J’y gagne au moins cela que je deviens mon maître!...
A l’autre maintenant!
(Il s'éloigne pur la droite. 1
DOLORES
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