ACTE PREMIEK
Un espoir de jeunesse, enfin réalisé I...
Le terme qu’à lui-même il s’était imposé,
Quand tous deux, en riant, nous comptions les années...
LAURA
Et ce fait-là, dis-tu, change tes destinées?
Quel rapport?...
DOLORÈS, souriant.
Tu sais bien que, sans jeter un cri,
Toute femme, ici-bas, doit suivre son mari.
Je reste avec le mien, comme toi près du comte...
LAURA y à part.
Ce petit incident ne ferait pas mon compte !
(Haut, arec inquiétude.)
Il t’annonce lui-même?...
DOLORÈS, embarrassée.
On me l’a dit.
LAURA j haussant les épaules.
Comment !
Il ne t’a point fait part d’un tel événement?
DOLORÈS, hésitant.
C’est qu’il m’en réservait, sans doute, la surprise...
(Appuyant.)
Quant au fait, j’en réponds I
LAURA, amèrement.
Et ce fait l’autorise A rester dans Tolède à perpétuité?...
DOLORÈS, avec empressement.
Oui, près de toi, Laura, dans ton intimité;
Ta sœur, comme j’étais au début de la vie !
(Remarquant son air rêveur.)
Tu ne dis rienl... qu’as-tu?...
LAURA , comme se réveillaot en sortant •
Qui?... moi ?. . . j’en suis ravie !
DOLORÈS
Il faut bien, n’est-ce pas, se soumettre au destin?...
LAURA
Allons doncl c’est au mieux I un avenir certain!
Je m’en réjouis fort, dans le fond de mon ûmel
(Changeant de ton.)
Et la bonne marquise approuve cette flamme?...
DOI.ORÈS, embarrassée.
Elle ignore...
LAURA
Ah ! vraiment?...
• ’ (A part.)
C’est bien pour d’Avila Qu’on avait fait venir cette fillette-là!...
Mais, de quelque côté que penche sa fortune,
Elle reste à Tolède, et ce point m’importune.