ACTE DEUXIÈME
FERNAND
Ce d’Avila vous occupe beaucoup!
LAURA, u défendant.
Moi ?...
FERDAND, éclatant.
Tenez! oh ! tenez!.,. Je veux vous dire tout...
Je ne me trompais pas — vous l’aimez!...
LAURA, feignant d’étre piquée.
Du courage!
FERNAND, se reprenant site.
Ne craignez pas, comtesse, un mot qui vous outrage,
Car s’il osait sortir de mon sein frémissant,
Ce soir, pour l’expier, je donnerais mon sang !
(Se redressant arec foreur.)
Seulement — ô délire à troubler la pensée !
Si j’avais ce bonheur qu’il vous eût offensée,
Si je pouvais, terrible, au signe de vos yeux,
Bondir comme un lion sur cet audacieux,
Et, sans me soucier de quel titre on le nomme !...
LAURA y l’interrompant.
Encor?... Calmez-vousdoncl... Qui parle de cet homme?... • Qui songe à d’Avila ?...
FERNAND
Moi, si ce n’est pas vous !
Car voilà trop longtemps qu’il se pose entre nous! ..
Je sens peser sur moi son ombre qui m’accable,
C’est Tobslacle éternel — le mur inattaquable I Ah! vous parliez tantôt de mon orgueil blessé !...
Eh bien — nous allons voir!...
LAURA, souriant.
Vous êtes insensé!...
FfîRNAND.
Mais.,
DOLORÈS
LAURA, même jeu.
Ne confondons pas!...
(Montrant le balcon de Dolorèi.)
J’ai dit cela pour elle!...
Autrement, c’est un tort de lui chercher querelle.
FERNAND, avec amertume.
Bien ! voilà maintenant que vous le défendez !
Moi ?
LAURA, feignant le trouble.
FERNAND, arec force.
Vous tremblez pour lui, madame...
(Loi prenant la main.)
Regardez !
LAURA, avec émotion.
Ah I Fernand, savez-vous si c’est pour lui qu’on tremble ?
FERNAND, haletant.
Pour qui donc? Achevez!...
LAURA, très-bas, comme bésitanl.
J’ai tout dit... ce me semble...
FERNAND, avec exaltation.
Trembler pour moi, comtesse ?... O rêve inespéré!
LAURA, comme se repentant, et 9e cachant avec son éventail.
Grand Dieu!... Peut-être un mot que je regretterai!..
FERNAND
Ne le regrettez pas, ce doux mot qui m’enivre,
Car l’orgueil d’être aimé fait le bonheur de vivre,
Et je suis invincible avec un tel espoir !
LAURA
Invincible!... Vraiment vous m’étonnez ce soir!
On se dirait au camp — la veille d’une affaire!... Maintenons avant tout la paix que je préfère,
Et gardez ce courage au service du roi...
Nul motif, en un mot, de l’attaquer pour moi,