ACTE TROISIÈME
ÎS
Et je ne voudrais pas, moi qui connais mon sort, Descendre à leur niveau, des hauteurs de ma mort?
Sois tranquille, ange aimé!... Ne craignez rien, madame! La peur n’arrive plus où j’ai placé mon âme;
O honte ! être à ce point misérable et sans cœur De racheter mes jours au prix de son honneur !
Pour qu’on ne verse pas mon sang, — faire à sa joue Monter le sien!,., jamais!... Condamné qu’on bafoue. J’irai, la corde aux mains, vers l’échafaud tout noir...
Et te pressant au bas, peuple, tu pourras voir Tomber plutôt — sanglante, impassible et farouche,
Ma tête, de mon corps — que son nom, de ma bouche!
(Avec émotion.)
Et quand, un jour — bien loin de ces temps engloutis, Vous songerez, madame, à ceux qui sont partis,
Si quelque souvenir de moi vient à renaître,
Vous ne rougirez pas... vous pleurerez, peut-être!...
(Apercevant don Pèdre de Torrès, qui entre par le fond.)
Mon père!...
(Il se précipite vers le vieillard.)
Oh! dans mes bras, laisse-moi te presser!