FERNAND, DON PÈDRE DE TORRÈS
DON PÈDRE, avec joie, et les jeux au ciel.
Mon fils n’est pas coupable — il ose m’embrasser!
FERNAND, haletant.
Non, mon père! ils ont cru... c’est une erreur profonde !...
DON PÈDRE, comme soulagé d'un grand poids;
Va! ce mot me suffit!.., je respire!...
(Avec dignité.)
En ce monde,
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Les biens comme les maux sont au hasard du jeu;
Mais l’innocence est calme et peut compter sur Dieu! S’il permet, par instants, les fatalités sombres,
11 sait, il sait, mon fils, en dissiper les ombres,
Car, de ses bras tendus sur notre humanité,
L’un porte le soleil — l’autre, la vérité 1...
FERNAND, d’une ?oii sourde.
Il est des antres noirs — des gouffres solitaires Dont le soleil jamais ne sonde les mystères I
DON PÈDRE, inquiet.
Mon fils!...
FERNAND
De tels secrets, père, que nous voyons La vérité puissante y briser ses rayons!...
DON PÈDRE
Désespérer ainsi!...
FERNAND
Tout est perdu t
Qu’entends-je?
FERNAND
Tu ne peux pas savoir!,., c’est un dédale étrange!... Un piège où, cette nuit, mon honneur est tombé,
Si bien qu’il va mourir, dans la honte embourbé, Puisqu’il n’a pas d’issue, et qu’enfin je dois être,
Si je me tais, un lâche — et si je parle, un traître 1
DON PÈDRE, épouvanté.
Toi? Comment? La douleur égare ta raison!...
FERNAND
Je dis qu’un mot de plus est une trahison!
A quoi bon secouer le destin qui m’opprime?
DON PÈDRE, névèremant.
La langue est sans terreur, quand le bras est sans crime ; Ton nom, sur cet écueil, doit planer triomphant!