‹ Dolores drame en quatre actes en versChapitre 74 sur 100 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

FERNAND

Comment !

Vous supposez? horreur!... mais ce serait infâme!

Est-ce que je connais seulement cette femme ?

Moi l’aimer ? jour de Dieu ! vous voyez bien que non, Puique je reste calme en apprenant son nom !

Je vous demande un peu s’il me serait possible De me montrer pour elle à ce point insensible !

A quoi bon s’occuper de cette femme-là?

Pour répondre à l’amour dont quelqu’un vous parla, J’aurais le cœur saisi d’une angoisse mortelle !

Ah! ah! ah! moi, l’aimer!... mais je la hais!...

DON PÈDRE, avec une autorité terrible.

C’est elle!

FERNAND; tout à fait égaré.

Non — mais non! — par la mort ! écoulez mes serments! Que la foudre de Dieu m’écrase si je mens!

Que la terre s’entr’ouvre avec tous ses abîmes !... Avez-vous, pour douter, des preuves légitimes?

Parlez! c’est impossible, ou ne peut savoir!...

Qui vous l’a dit ?...

DON PÈDRE

Vos cris et votre désespoir!

La pâleur de ce front où des gouttes s’assemblent !

Vos yeux hagards ! vos doigts crispés ! vos mains qui trem-

[blent!

FERNAND, lui barraftt le chemin, et tombant à se.* pieds, avec désespoir.

Eh bien, tuez-moi donc, car l’honneur est perdu!

DON PÈDRE, avec dignité.

Relevez-vous, Fernand, je n’ai rien entendu!

FERNAND, d une voix saccadée et entraînant le vieillard sur le devant de la scène.

Quoi!... vous tairez son nom?... Vous aurez pitié d’elle?

DON PÈDRE, arec calme.

Je serai, jusqu’au bout, à mon blason fidèle.

UOLOHÈS.

Nul ne saura?...

FERNAND, insistant.

DON l'ÈDRE,

Silence! et demeurez en paix!

L’avenir est caché sous des voiles épais...

Fiez-vous, dans cette ombre, à mes longues années!...

(Après une pause, avec lenteur et mélanculie.)

Et, s’il nous faut subir le poids des destinées...

FERNAND, avec anxiété.

Que dites-vous, enfin?...

(Il se laisse tomber & droite sur un banc.l

DON PÈDRE, hésitant et balbutiant.

Je dis...

FERNAND, penché sur lui.

Répondez-moi!...

DON PÈDRE, ouvrant à Fernand se« bras qui tremblent.

Que ton père, du moins, peut mourir avec toi!...

(U tient son père embrassé. — Les soldats, qui sont rentrés sur les derniers mots, emmènent avec eux Fernand pour le condnire an roi. — Le vieillard l'accompagne jusqu'au fond.)

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