‹ Dolores drame en quatre actes en versChapitre 76 sur 100 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Nul ne sait... et pourtant leurs yeux, par échappées, Semblaient me fouiller l’âme, ainsi que des épées!... L’apparence!... Oh! mon Dieu!...

(Se retournant pour sortir par le fond.)

Que faire, maintenant?...

DON PÈDRE, grave, le chapeau à la main.

(Il s’est approché lentement pendant les deux derniers vers.)

Don Pèdre de Torrès, père de don Fernand!

Vous!...

LAURA, épouvantée*

DON PÈDRE, d’une voix sourde.

Si les assassins ont des pères encore !

LABRA, balbutiant.

Ne dites pas cela!.,.

DON PÈDRE

Tout l’accuse!...

LAURA, tremblante.

On ignore...

(Se reculant avec effroi, à part.)

Ce vieillard m’épouvante, avec son front pâli !...

Mon Dieu!... pas même un meurtre, au soleil accompli!... Mais un vil guet-apens !...

LAURA, avec force et comme malgré elle. „

C’est faux!...

DON PÈDRE, se précipitant sur sa main.

Merci, madame!...

(Ba», d’un ton mystérieux.)

C’est cette preuve-là qu’un père vous réclame!...

LAURA, frémissant et cherchant à fuir.

A moi? — la preuve, à moi? —je ne vous comprends pas !... Quelle preuve?...

DON PÈDRE

Un seul mot peut le sauvert...

DOLORÈS

LAURA , hors d’elle-mùme.

Plus bas 1...

Vous savez donc!... malheur!... qui vous l’a dit?...

DON PÈDRE, bu.

Lui-même.

Misérable!...

LAURA, avec indignation.

DON PÈDRE, sa posant entre elle et la porte de sortie.

Arrêtez!... car c’est presque un blasphème!...

Et vous osez!...

LAURA

DON PÈDRE, arec autorité.

Oui, j’ose!... en cet événement,

Où mon nom sans reproche est terni faussement. C’est à moi de parler, c’est à vous de m’entendre ! S’il ne s’agissait là que de sang à répandre,

(Montrant le banc où il était assis.)

Mon mépris pour la mort eût retenu mes pas,

Un soldat, pour si peu, ne se dérange pas!

Mais quand ma renommée, en ce deuil qui s’apprête, Va choir du même coup qui fait tomber sa tête,

Et qu’un bourreau, demain, souffletant mon blason, Va pousser à l’égout l'honneur de ma maison... Secouant celte honte, ainsi qu’un mauvais l’êve,

Déjà mort à demi, le vieillard se relève Pour défendre sa gloire, à son dernier lambeau,

Et crier à genoux : Grâce pour mon tombeau!

(Il se précipite à ses pieds.)

LAURA, avec des gestes désespérés.

Relevez-vous!... j’ai peur!... ce regard plein de flamme!... Mon Dieu!...

DON PÈDRE

Pitié pour lui!... pitié pour moi, madame!... Oh! ne détournez pas vos yeux irrésolus.

Maintenant que je pleure et ne menace plus !

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