‹ Dolores drame en quatre actes en versChapitre 80 sur 100 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

DON PÈDRE, désespéré.

Sur l’honneur!...

LAURA, l'interrompant.

Je commence à comprendre;

Un piège à double fond, qu’on a voulu me tendre I...

Je me réveille enfin!...

DON PÈDRE, balbutiant.

Madame...

LAURA

Taisez-vous !

Voilà ce bel honneur dont vous étiez jaloux 1

DOLORÈS, à part.

Son père!...

LAURA, arec nn geste dédaigneux, à don Pédre qui reut parler.

C’est infâme! — Il eût été plus digne D’étaler, franchement, votre bassesse insigne.

Et de crier, tout haut, sans de pareils débats,

Un secret qu’à chacun vous murmurez tout bas...

Que de venir ainsi, majestueux et blême,

Pousser ma conscience à me perdre moi-même !

Tandis que l’autre, au fond, peu troublé de son sort,

Va rester, jusqu’au bout, aussi muet qu’un mort, Humant, les yeux fermés, un encens que je paie.

Et certain — si j’hésite à monter sur la claie,

Qu’on connaît cette histoire, et qu’on m’y forcera...

Eh bien, moi, je refuse — et le mort parlera!

(Arec ironie.)

Oh ! le plan n’est pas gauche — on s’est pressé, peut-être !

DON PÈDRE, trèi-éma.

Je jure, devant Dieu, que nul n’a pu connaître Par mon fils — ou par moi...

LAURA, t'interrompant.

Comment! vous êtes sourd?..

DOLORÊS.

DOLORÈS, avec énergie.

Personne ne l’a dit — madame — c’est plus court!

Fort bien !

LAURA, avec ironie.

DOLORÈS

Souvenez-vous que la place était sombre!

J’étais là — cette nuit — derrière vous — dans l’ombre, Pressant, sous mes deux mains, mon cœur abandonné... Et j’ai suivi vos pas — quand l’horloge a sonné!

Vous?...

. Moi !

LAURA, avec terreur.

DOLORÈS

LAURA, reprenant ion ton froid.

Qui vous croira, si vous osez le dire?

(Elle hausse les épaules.)

DON PÈDRE, t'approchant de Laura, et lui mçntrant Dolorès.

Vous entendez, madame !...

LAURA

Oui, j’entends, on conspire, C’est une ligue immense — et, de tous les côtés,

On croit le jour venu des complots arrêtés!...

DOLORÈS, d'une voix tremblante.

Ne parlez pas ainsi ! Nul complot ne m’amène ;

Mon cœur est trop brisé pour tenir tant de haine!

Un souvenir l’occupe, à la fois triste et doux...

Je viens pour lui, madame, et non pas contre vous!

Je croyais seule, ici, connaître ce mystère;

Pitié ! tout le condamne; il persiste à se taire,

Et ce n’est plus un jeu, quand il touche au trépas...

Ah ! vous me l’avez pris — ne me le tuez past Gardez-le! c’est le moins qu’on lui reste fidèle! Vraiment, je vous pardonne, en vous voyant si belle !

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