ACTE QUATRIÈME
FERNAND, frémissant.
Laissez-moil Dans quel but?
DOI.ORÈS, avec force.
Parce que je vous aime I Parce que votre honneur doit être défendu!
Parce Dieu sait bien que je vous ai perdu!...
LE ROI, à Fernand, qui nie par gestes.
Vous cachez maintenant la chaîne qui vous lie.
DON PÈDRE, d’une Toix émue.
Sire, ne croyez pas!...
FERNAND, couvrant la voix de don Pèdre.
Mais c’est une folie !
Un rêve monstrueux dont sa gloire pâtit !
Cette femme, à coup sûr, ne sait ce qu’elle dit !
(A Rosaura.)
Madame, entraînez-la!...
(Au roi.)
Sire!... pitié pour elle!...
DOLORÈS, se dégageant des bras de Rosaura, qui était revenue & elle, pleine d’espoir.
Comment!... je ne sais pas qu’aprôs cette querelle,
Vous ôtes resté seul, sous les arbres?... Comment 1 Je ne sais pas encor qu’à ce même moment,
La place, autour de vous, était déserte et nue,
Que je voulais vous voir, et que je suis venue Demi-morte, cherchant, dans l’ombre, mon chemin?... Vous n’avez pas, peut-être, embrassé cette main?
Vous ne m’avez pas fait, à genoux, la prière De passer, à mes pieds, cette nuit tout entière,
Prêt à courir, dès l’aube, au rendez-vous donné ?
Vous ne m’entraîniez pas, quand minuit a sonné?...
DOLORES
FERNAND) épouvanté.
Mon Dieu !... qui peut comprendre?... où suis-je? Un effroi . , [vague!...
(Avec terreur.)
Je ne vous connais pas!...
DOLORÈS, lui tendant sa main.
Connais-tu cette bague?
(Fernand reste muet de stupéfaction.)
Sais-tu lire à présent les lettres de ton nom?
DON PÈDRE, s'élançant între elle et Fernand.
Assez!...
DOI.ORÈS, montrant la bague au roi.
Vous voyez bien que j’ai la preuve t...
DON PÈDRE, avec force.
Non !
Je ne permettrai pas que le fait s’accomplisse,
Car c’est un sacrilège, et j’en serais complice!...
DOLORÈS, ae retournant vers lui.
Osez-vous soutenir qu’il serait là sans moi?
(Bas, avec intention.)
Me forcez-vous enfin de dire tout au roi !...
DON PÈDRE, bas, avec terreur.
Silence !
DOI.ORÈS, bas i don Pèdre.
Il faut choisir : je suis inexorable !...
(Se tournant vers le roi, et lui montrant Fernand tout anéanti.)
Sire! jugez vous-méme!...
FERNAND, avec des sanglots.
O crime irréparable !
O bonheur de ma vie emporté sans retour!
J’ai brisé mes serments ! j’ai trahi son amour ! Elle se venge ainsi, dans sa pitié sublime !...