ACTE QUATRIÈME
DOLORÈS
Me venger, moi?... jamais! que parlez-vous de crime?... C’est ma seule imprudence!...
LE ROI
En cette obscurité,
Nous cherchons vainement où luit la vérité...
FERNAND, avec force.
Elle est dans mon refus!...
DOLORÈS, sanglotant.
Sire, elle est dans mes larmes!...
FERNAND, tordant ses bras, dans son impuissance.
Si je pouvais parler!... si j’avais d’autres armes.
Dans cette lutte affreuse où je suis aux abois,
Qu’un démenti sans preuve et qu’un serment sans poids!...
(Conrant à Dolorès immobile.)
Mon Dieu!... c’est impossible!... avouez !...
DOLORÈS, froidement-
Qu’ai-je à dire ?...
FERNAND, avec un mouvement terrible.
Eh bien, du haut en bas, le voile se déchire,
Et j’ai droit de porter le nom qui m’est acquis :
Je suis un assassin — j’ai tué le marquis!
(Stupéfaction générale.)
DOLORÈS, avec un cri déchirant.
Non!
DON PÈDUE, courant à son fils.
Fernand, que dis-tu?...
FERNAND, avec une exalta’, ion croissante.
Laissez-moil... Sur mon âme, Ce serait trop, vraiment, d’étre deux fois infâme,
Et de venir ici, meurtrier sans pudeur,
Me faire une innocence avec son déshonneur!
(Aux soldats.)
Marchons!... je ne suis pas l’homme qui se dérobe Comme un enfant peureux, sous les plis d’une robe,
DOLORÈS
Et, de son attentat n’osant se couronner.
Pâlit devant la mort qu’il a bien su donner !
Sire! ne souffrez pas la fraude qu’on essaye...
Le sang que j’ai versé m’appartient!...
(Montrant sa tète.)
Je le paye !
Et nul autre, à présent, n’y peut marquer son pas!...
(Arec un orgueil farouche.)
Tout mon crime est à moi — je ne partage pas!...
(Célio, qui est entré au dernier mouvement de Fernand, cause bas avec Manrique.l