‹ Dolores drame en trois actesChapitre 34 sur 39 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

FERNAND, seul, puis, FORTUNÉ.

FERNAND . Que faire? . . que devenir?, . Oh!

Arthur... Arthur, son enfant! son enfant at-elle dit; l’enfant d’Arthur! la maîtresse d’Arthur! ah! malheureux!... et quand je lui disais les crimès de cet homme, quand je lui montrais sahonte, je m’applaudissais de voir la colèreet le mépris entrer dans son cœur, et puis il me semblait que ses yeux me rega niaient avec reconnaissance, que sa bouche me disait d’espérer... un instant même, je me suis laissé éblouir par un éclair de bonheur... Insensé! j’ai pu croire que le ciel me donnerait son amour...

l'amour de la maîtresse d’Artlinr.. . oh !

maintenant, pourquoi luiai-jeparlé? pourquoi me suis-je justifié en lui donnant de la haine pour celui qui seul pouvait la sauver? pourquoi l’ai-je forcée a mépriser et maudire le père de son enfant?..

(Fortune entre, il a une m«in nu son œil droit.)

FBiiNAND. Qu’y a-t-il?

FORTUNÉ. 1 ne bonne nouvelle, monsieur... je pourrais même «lire... deux bonnes nouvelles...

fernand. Qu’est-ce donc?..

FORTUNÉ. Voilà d’abord la première, les lettres que vous attendiez d’Angleterre avec tant d’impatience...

FERNAND. D’Angleterre... douue...

FORTUNÉ. Quant à la seconde lionne nouvelle, voilà... ( il découvre son tr.il qui esl tout noir) ça doit présager quelque chose de très-bon pour lui... car ça me cnîthozsri blâment...

FERNAND. Ce cachet, ces armes., c’est de lord Dudley... du père de cette jeune fille que j’ai sauvée des pièges d’Arthur...

les preuves de son crime qui m’arrivent maintenant, maintenant qne je voudrais pour elle n’avoir pas dévoilé la honte de cet homme. ,

FORTUNÉ, à part. Si j’avais la moindre chose pour me bassiner...

FERNAND. Mais n’est-ce pas un jeu cruel du sort, qui me fait sauver une étrangère, pour envoyerplus promptement le séducteur près de celle qui était le seul espoir de ma vie?., oli! pardonnez-moi ce regret, mon Dieu, uiaisl’exeèsdu malheur rend cruel.

FORTUNÉ. Je donnerais neuf francs pour avoir deux sous d’eau de plantin.

FERNAND , lisant. « Vous avez sauvé « notre honneur à tous, riiotincur d’un » vieux nom ... recevez en souvenir cette » bague de famille, elle porte fies armes » qui, sans vous, auraient reçu leur pre- » mière souillure. . . » (// prend un éerin des mains de Fortuné, et pusse à son doigt la bague qu’il ton tient.) Maintenant, que me servent ces preuves que ce matin encore j’aurais payées de mon sang?., ah ! qne ne puis-je plutôt, pour son bonheur à elle, rétracter mes paroles, faire rentrer dans son cœur l’estime et l’amour qu’elle avait pour cet homme!., sou amour... oh! oui, oui, au prix de ma vie, de mon honneur. . .

et qu’importent mon honneur et ma vie, c’est elle que je dois sauver; et dussé-je attirer de nouveaux malheurs sur ma tête, torturer mon cœur par de nouvelles souffrances... Dolores, je le sauverai!., cette lettre que je rejetais avec colère, c’est elle qui me servira ; ces preuves de sa honte à lui serviront A le justifier .. oui, c’est le seul moyen. . . rien dans cette lettre ne me désigne... allons, l’idée d’un sacrifice que je lui fais est presque une joie, une consolation. ( Il se met a une table et écrit.) Détruisons d’abord cotte enveloppe. . . et maintenant plus rien qui prouve que c’cstà moi qu’elle était adressée.

FORTUNÉ, à pari, en frottant son œil. Diable de camériste, va... je m’étais dit, puisque monsieur est malheureux dans ses

amours. Fortuné, mon garçon, tn n’as

3 u’à tr lancer, tu es sûr d'arriver... erreur, éception! . ça a commencé par lin coup d'œil, et ça a fini par un coup de...

FERNAND. Allons, tout est terminé...

mais le cachet de sir Dudley... ah! les armes grayées sur cette bague... ( il la /traitl et cachette lu lettre ) et puis, on croit si aisément ce qu'on désire au fond du cœur.'., et maintenant, c’est Arthur qui est l’honnête homme ; maintenant, c’est moi qui suis un infàine... Fortuné...

FORTUNÉ. Monsieur ! . .

fers ami. Je vais te donner le dernier ordre que tu recevras de moi...

fortuné. Hum... vous dites, monsieur?

FERNtNn. Que je vais te donner mon dernier ordre.

FORTUNÉ, à part. Est-ce qu’il aurait l’intention (le m’élever au grade d'ami intime. .. (Haiti.) Votre dernier...

Fernand. Dès ce jour tu seras libre...

FORTUNÉ. Libre de quoi?

fgrnand. De retourner eu France, d’aller où bon te semblera. .. enfin je te quitte. ..

FORTUNÉ. Mais je ne vous quitte pas, moi!..

FEnvwn. 11 le faut, mon ami !..

fortuné. Il le faut... ça n'est pas une raison. . . possible que vous, vous croyez trouver un meilleur domestique, mais je suis sûr, moi, de ne jamais trouver un meilleur maître...

FERN.VNn. Aussi , prendrai-je soin que tu puisses te passer dé maître. .. mais je te le répété, il le faut. . .

fortuné. Alors, j’ai plus rien à dire...

et puis, c'est peut-être à-cause de ce scélérat de sort, qui nous poursuit à l’inverse l’un de l'autre... Au fait, si c’est ça, vous avez raison , monsieur, renvoyez-moi , ehassez-uini, mais pas comment l’entend votre bon coeur. . . vous m’avez ramassé sans pain, sans vétemens; eh bien! c’est comme ça que je veux que vous me rendiez à la nature...

FERNAND. Allons, calmc-toi !..

fortuné. Non , monsieur, non ! je veux avoir du malheur à mon tour, moi ; je veux avaler de la misère, m'abrenver d'infortune, je veux ru manger et en boire à perdre mon embonpoint, et quand je serai bien misérable, bien soutirant, bien désespéré, je me consolerai en me disant : Mon

I maître , mon bon maitve doit être hetv ! renx , puisque tout le guignon s'est cramponné sur moi...

fernanü. Allons, console- toi, mon

ami... je ne souflïii ai jamais que tu sois malheureux , c’est bien assez de mes propres touriueus...

FORTUNÉ. Dr quoi, de quoi, vos tourj mens!., un instant, mais ça n’est plus notre compte... vous me renvoyez, c’estbien, c’est très-bien. ..mais alors, vous ne devex plus être malheureux... puisque je le suis moi... la chance doit tourner...

. FERNAND Assez... écoule bien ce que je vais te dire... D’abord, tu préviendras Dolores qu’il faut que je la voie à l’instant.

FORTUNÉ, cmu. Oui, monsieur.

FERNAND. Ensuite, tu attendras que nous soyons réunis ici , Dolores, M. Arthur et moi...

FORTUNÉ , pleurant. Oui, monsieur.

Fernand. Alors tu remettras cette lettre à sou adresse, eu disant qu'un courrier vient de l'apporter...

FORTUNÉ , sanglotant. Oui , monsieur.

[Arthur entre.)

FERNAND, l’apercevant. Arthur!... tais ce que jet’ai dit...

FORTUNÉ, sortant. Allons, aujourd’hui mon inaitre ou moi nous eu verrous des cruelles...

BaaaooMo w iocoasecococoaeaoeoeaacaaeoaeea e »!

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