DONE ELVIRE, ÉLISE
r Done Elvire.
Elise, que dis-tu de l'étrange foiblesse Que vient de témoigner le cœur d'une princesse? Que dis-tu de me voir tomber si promptement De toute la chaleur de mon ressentiment, Et, malgré tant d'éclat, relâcher mon courage Au pardon trop honteux d'un si cruel outrage?
Moi, je dis que d'un cœur que nous pouvons chérir Une injure sans doute est bieu dure à souffrir ; Mais que, s'il n'en est point qui davantage irrite, Il n'en est point aussi qu'on pardonne si vite, Et qu'un coupable aimé triomphe à nos genoux De tous les prompts transports du plus bouillant courroux, D'autant plus aisément, Madame, quand l'offense Dans un excès d'amour peut trouver sa naissance.