ACTE III, SCENE III 5i
Je ne vous dirai point si le comte est aimé; Mais apprenez de moi qu'il est fort estimé, Que ses hautes vertus, pour qui je m'intéresse, Méritent mieux que vous les vœux d'une princesse; Que je garde aux ardeurs, aux soins qu'il me fait voir, Tout le ressentiment qu'une âme puisse avoir. Et que, si des destins la fatale puissance M'ôte la liberté d'être sa récompense, Au moins est-il en moi de promettre à ses vœux Qu'on ne me verra point le butin de vos feux; Et, sans vous amuser d'une attente frivole, C'est à quoi je m'engage, et je tiendrai parole. Voilà mon cœur ouvert, puisque vous le voulez, Et mes vrais sentiments à vos yeux étalés. Etes-vous satisfait? et mon âme attaquée S'est-elle, à votre avis, assez bien expliquée? Voyez, pour vous ôter tout lieu de soupçonner, S'il reste quelque jour encore à vous donner.
(A Dom Sylve.) Cependant, si vos soins s'attachent à me plaire, Songez que votre bras, Comte, m'est nécessaire, Et, d'un capricieux quels que soient les transports, Qu'à punir nos tyrans il doit tous ses efforts. Fermez l'oreille enfin à toute sa furie, Et, pour vous y porter, c'est moi qui vous en prie.