DONE ELVIRE, DOM GARCIE, DOM ALVAR
Done Elvire.
Hé bien ! que voulez-vous? et quel espoir de grâce. Après vos procédés, peut flatter votre audace? Osez-vous à mes yeux encor vous présenter?
Et que me direz-vous que je doive écouter?
Que toutes les horreurs dont une âme est capable A vos déloyautés n'ont rien de comparable, Que le sort, les démons, et le Ciel en courroux. N'ont jamais rien produit de si méchant que vous.
Done El.VIRÇ. Ah! vraiment, j'attendois l'excuse d'un outrage; Mais, à ce que je vois, c'est un autre langage.
Oui, oui, c'en est un autre, et vous n'attendiez pas Que j'eusse découvert le traître dans vos bras, Qu'un funeste hasard, par la porte entr'ouverte, Eût offert à mes yeux votre honte et ma perte. Est-ce l'heureux amant, sur ses pas revenu, Ou quelque autre rival qui m'étoit inconnu? O Ciel! donne à mon cœur des forces suffisantes Pour pouvoir supporter des douleurs si cuisantes! Rougissez maintenant, vous en avez raison, Et le masque est levé de votre trahison. Voilà ce que marquoient les troubles de mon âme : Ce n'étoit pas en vain que s'alarmoit ma flamme ; Par ces fréquents soupçons, qu'on trouvoit odieux. Je cherchois le malheur qu'ont rencontré mes yeux. Et, malgré tous vos soins et votre adresse à feindre. Mon astre me disoit ce que j'avois à craindre. Mais ne présumez pas que sans être vengé Je souffre le dépit de me voir outragé.
lis que sur les vœux on n'a point de puissance,