VOYAGE D'ALLEMAGNE
Le SO Juin 1683, Mabillon part de Paris avec D, Michel Germain en voiture publique (rhedâ publica).
Le 5 Juillet, visite à Dijon.
Du 6 au 12, trajet en Franche-Comté et séjour à Besançon.
Du 13 au 16, visite à Favernay, Luxeuil, Belfort,
Du 17 au SO, séjour à Huningue et à Bâle.
Les 21 et 22, départ de Bâle à cheval pour Baden, séjour.
Du 23 au 26, visite à Tabbaye de Moury (Murensis) où ils louent un interprête pour le reste du voyage.
Du 27 au 30, Abbaye d'Ensilden (N.-D. des Ermites).
Du /•' au 5 Août, Abbaye de Saint-Gall.
Du Qàu8, % apud mongsterium Vveingartense, » séjour à Tabbaye de Weingarten.
Du 9 au 11, k Tabbaye de Kemplen (Campidona).
Du 12 et 13, au monastère d'Ottenbour (Ottembura).
Les 14 et 15, à l'abbaye d'Irsiin (Ursinium) pour la fête de l'Assomption.
Du 16 au 18, arrivée à Augsboui:g et eéjour à Tabbaye de Saint-Ulric.
Le 19, entrée en Bavière et passage dans les saonastères c Kebacense, Sçheyrense» Geisfeldense. »
Vu SO m âOf séjour à Ratisbonae c ia monasterio Sancti Emmerammi >.
Du 26 au 28 1 parcours et arrivée à Salzbourg, séjour. Le S Septembre, départ de Salzbourg (onusti libelr l\s et munusculis) et trajet par Tegernsée ver& Munich, station à Tabbaye de Benedictbayrn où leur qualité de Français les fit mai accueillir.
Du 8 au llf séjour à Munich. Bossuet leur avait remis des lettres de la Dauphine pour visiter cette capitale, où M. de la Haye, ambassadeur deFraneef fut lui-même leur guide.
Du 12 au 14^ passage à Ândex, Vuesbrun» Fue&sm, Staingaden, retour à Kempten et séjour.
Du 17 au 20, « apud cœnobium Salemensa. »
Le $1, arrivée à Constance, d'où ils sont éconduits par des mesures vexatoires de police.
Le 22, passage à Richenow (Augia dives), où ils trouvent un manuscrit intitulé : Opus sancii PrimasM discipuli Augustmi de bœresibus numéro XC, Mabillon à ce propos en signale un autre exemplaire se trouvant à Reims, don d'Hincma^ à la Sibliotfièque métropolitaine.
Du 23 au 28 y passage du lac de Constance» séjour à Yillingen oùMabillon embrasse avec jote le P. G^ysr ser et s*écrie : « qui complexus et gaudia quanta ftiôre 1 », parcours à travers la fcrêt Herciniene (in Herciniâ silvâ) vers Fribourg, puis à Brisach, Colmair, et jusqu'à Munster.
Du 29 Septembre au 1^ Octobre, trajet au cœur de la fertile Alsace, « per Alsatise amsenissimam plagam, quâ nullam jucundiorem aut fertiliorem vidisse memimi»,et visite à Schelestadt, Ebersmunster, Andlau.
Les 2 et 3 Octobre, séjom à Strasbourg et visite sous la conduite du sénatjéur Ulric Obrecht » qui les combla de présents, « qui nos honorai^ia vîno oort m^
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mel librisque ab se editis donavit ; t vive admiration des voyageurs pour cette incomparable cité, récemment fortifiée par le roi très-chrétien.
Le 4 Octobre et jours ^uivantSt passage des Vosges à Molsheim ; visite à SenoneS) Saint-Dié, Moyen- Moûtier, Saint-Mihiel-sur-Meuse, Verdun, Mouzon, monastères de la Congrégation de Saint-Vannes, où ils reçurent le meilleur accueil. Arrivé à Sedan, Mabillon apprit que Farchevêque de Reims, Maurice Le Tellier, 86 trouvait à Charleville ; il alla Ty trouver et lui rendit compte de son voyage, ce qui combla de joie le prélat. Enfin, après un séjour à Reims, Mabillon fit un pèlerinage à N.-D. de Liesse, en reconnaissance de son heureux retour, et prit des notes sur ce célèbre sanctuaire ; puis il visita Laon, Soissons et Meaux, où il salua Bossuet, et rentra avec son compagnon au monastère de Saint-Germain-des-Prés sur la fin d'octobre, après une absence de quatre mois.
(Résumé de Vltineris Germanici Descriptio, au T. IV des An&lectes, 90 pages.)
Le eaniet de voyage de Mabillon (Bibl. Nat. Latin, 14187) ne contient pas la note des recettes et dépenses en Allemagne , mais P. Clément, dans son Histoire de Colbert (T. II, p. 286), cite cet extrait relatif à un envoi de fonds en 1683 : « Ce Dimanche , 2500^ envoyées par Bellinzanî (un des agents intimes de Colbert) à Mabillon, de la part de Monseigneur. » — C'est donc à bon droit que Ylter Germanicum débuta en disant qu'il fut entrepris « ex voluntate
et munificentia illustrissimi Johannis Colberti , qui, ex regiâ
peconiâ, ad hoc iter ultro ac liberaliter elargitus est. > En apprenant la mort de Colbert à Fribourg le 27 Septembre 1683, Mabillon s'empressa de prier pour lui : « Die 27 Friburgi missam celebravimus pro Dno Colberto cujus mortem ibi resclvimus. »
{ 3. YOYAQE n'iTATJR (1685-86).
Le i*' Avril 1685, Mabillon part de Paris avec D. Michel Germain et gagne Lyon, partie en voiture et partie sur la Saône.
Da 5 au *, séjour à Lyon pour organiser le voyage avec Jacques Anisson , de la famille des libraires, qui doit être leur compagnon.
Le 9y départ à cheval pour Turin, par La Tour-du- Pin, Pont-de-Beauvoisin , Chambéry, Montmélian, Saint-Jean-de-Maurienne , le Mont-Cenis (que l'on passe à dos d'hommes « per Marones, camelos homines »), la Novalèze et Suze.
Le 15, arrivée à Turin, où ils séjournent du dimanche des Rameaux au mercredi de Pâques, et assistent aux cérémonies de la Semaine sainte.
Le 23 y départ pour Milan, Casai, Verceil et Novarre.
Du 26 Avril au 12 Mai, séjour à Milan pour travailler dans la Bibliothèque ambroisienne, ouverte au public matin et soir , et observer au Dôme les détails du rite ambroisien.
Du IS au 20, départ de Milan et visite à Brescia, au lac de Garde, à Vérone, Vicence, Padoue.
Le 21, arrivée à Venise, parcours de la ville, fête du doge le jour de FAscension (31 mai); visite des couvents, archives et églises.
Le i" Juin, départ de Venise et trajet vers Rome en 15 jours, par Padoue, Ferrare, Ravenne, Pesaro.
Le 10 Juin, fête de la Pentecôte, passage à N.-D. de Lorette, et de là à Foligny, Terni.
Le 15 au matin , arrivée à Rome, descente chez D. Claude Ëstiennot et D. Jean Durand, religieux de Saint-Maur , à leur résidence du Monte-Pincio , la Strada Gregoriana près la Trinité-du-Mont. Premier séjour de quatre mois consacré aux églises, bibliothèques, archives de cette capitale, Tabrégé du monde, Orbis epitomen , la mère de tous les mortels, com^ munis omnium mortaUum parens, comme rappelle Mabillon.
Le 15 Octobre , départ pour Naples en voiture par
la voie Appia, avec station à VeUetri, Piperno, Terradne , Fondi, Gapoue ; la route vers Naples y devient délicieuse, c jugis paradisus, » c'est la campagne heureuse, c Gampania Félix. »
Le 20 Octobre^ arrivée à Naples, ville merveilleuse, c firagmentum cœli delapsum in terra > ; visite avec Joseph Valletta, avocat. — Excursions à Pouzolles, à Baïa, au Vésuve et au monastère de la Cava.
Du 16 BU 28 Novembre, partis de Naples , nos bénédidiûs vont séjourner au Mont-Cassin (1) ; visite des archives et de tous les détails de cette fameuse abbaye. Us décrivent le tombeau de saint Benoit, qui y mourut le 21 mars 843, et dissertent sur le sort des reliques que Ton vénère de lui à Fleury-sur-Loire.
Le 29 Novembre, retour vers Rome par le monastère de Sainte-Scholastique et la grotte de Subiaco, où ils se trouvent le 1" Dimanche de VAvent , étudiant les origines de l'Ordre bénédictin.
ÎjO 4 Décembre , rentrée à Rome pour y achever durant trois (nois encore les recherches littéraires et archéologiques. — Indication jour par jour des monuments visités.
Le S Mars 1686, dftpart de Rome pour Viterbe et Sienne et visite de leurs monuments.
<1) DfflM «M lettre k Charles Butteâii, Mabillon appréciait en ces termes le régularité do MontOassin :«.... On ne peut recevoir plus d'konneur que nous en ont fait nos Pères du Mont-Oassin, où Toli^eryance est en assez bon état pour l'Italie. Elle y peut passer pour une réforme. II y a soixante dix religieux. » Corresp, inéd., T. J, p. i77. — - Mabillon pourait juger de Tobservance monastique k l'étranger, Ivi qui 4onna tant de preuves de ia ferveur de sa piété dans son cloître comme dans ses voyages. En voici une saisissante : D. Martène raconte qu'ayant vomi un jour à Saint-Germain-des-Prés immédiatement après sa messe, D. Jean se précipita à terre pour avaler les saintes espèces. {Lettre à D. Ruinart, Bibh N^t, Fr. 19639,
àppendigb. 211
Le 10 MarSf arrivée à Florence et séjour de six semaines dans Tabbaye de Sainte-Marie ; étude dans les bibliothèques avec Magliabechi et le P. Noris; excursion aux environs, à Fiésole, à San-Miniato, à Gamaldoli et Vallombreuse.
Du 20 au 56 Avrilj voyage à Pise, à Livourne, à Lucques, à Pistoie, et retour à Florence d*oii le Grand- Duc les fit transporter en litière à Bologne (1).
Du 3 au 12 Maif après avoir passé quatre jours à Bologne, trajet par Modène, Ferrare et Padoue vers Venise qui est visitée une seconde fois pendant une semaine.
Le 20, départ de Venise pour Padoue, Este, Mantoue, Parme, Plaisance et arrivée le 29 à Milan ; excursions à Monza et à Ârone.
Le 4 Juin, départ pour Pavie et les couvents voisins, Bobio.
Le 10 Juin, trajet par Tortone et Gênes où ils assistent à la Fête-Dieu ; ils renoncent à s'embarquer, et gagnent Alexandrie, Este et Turin, d'où ils rentrent en France par le Mont-Cenis et arrivent à Lyon le 24 Juin. Ils y laissent leur compagnon Jacques Anisson , puis vénèrent à Auxerre le tombeau de saint Germain et se retrouvent, après quinze mois d'absence, à Paris le 2 Juillet 1686.
Ayant pris huit jours de repos , Mabillon vint à Reims le 11 Juillet pour y rendre compte, à Tarchevêque, Maurice LeTellier, de la mission^ littéraire dont il avait été le promoteur. Puis il rentra dans la retraite
(1) A propos de l'ardeur avec laquelle ils travaillèrent aux archives de Lucques, D. Germain écrivait de Florence en 1686 ; «.,... Tous nos Messieurs, qui nous regardoient faire, ne nous considéroient pas aatrement que comme des soldats français qui montent à l'assaut. En effet, il y faisoit chaud , et Ton me prenoit quasi pour m cerdelier, tant nos habits étoient gris de poussière. » (Corresp. inéd, T, l, p. 250,)
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de son cloître pour s*y préparer, disait-il, à un autre grand voyage, celui de l'éternité.
(Résumé de Ylter Italicum litterarium, au Tome I du Mmeum Italicum, 244 pages.)