Domfront
La publication que nous entreprenons aujourdhui peut être considérée comme ayant tout e mérite de la nouveauté et tout le charme d une œuvre entièrement inédile. t\le repose sur les pièces les plus authentique du temps qui émanent des cabinets des souverains et qui portent leurs signatures royales Ce sont les documents^ les p us cerlains decette époque mouvementée et dramatique ou la Normandie d'un bout à I autre elait en feu.
Nous croyons ainsi faire un acte <lc patriotisme en reproduisant sous une iorme enlierement neuve le récit d'événements dès longtemps connus de nos lecteurs et de tous les historiens. Il nous sera possible même après tant d'autres, d élucider quelques détails restés obscurs
iusnu'à présent sur ces scènes lugubres néploUs,quc nous allons esq^^^^^^^^^ somumiremenl. A l'a.de de la corres nondance du roi Charles l\ et de sa SiTre la trop célèbre Catherine de Mete nous pourrons dire, nous le crovôn ' du moins, le dernier mot sur les emes mêmes de la capilulaUon de Gabr. 1 deTlontgommerv rendant son epee a Mat fnon son vainqueur, à l'instant ou le canon tenait de taire ses éclats, et au md.eu 3 s l'nt encore fumantes du chaleau^^^^
Domfront. dont le nom se ''^^^f^i^;^^'.'^^' manière à rhisloire générale de la Fiance.
Voici notre plan :
En raison de l'imporlance tout exceptionnelle des dépèches .•oyales que nous avons eu le bonheur inappréciable de le ? ouvc. à la Bibliothèque nationale de la
S^;^stoutesavéri|éet^>^c^.g.; une seule expression. C est alTai.e ac co
piste. ,
Ce. nièces qui, jusqu'à ce jour pour la pi, nuf^aicnl reilées inédi.es que personne n'ava>t pensé à tirer de loubh(i).
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et XVI.
oui une valeur iucousteslablo pour Douifroul, et l'on corn pieu (Ira (ju'il u'clnii pas nialéricllenicut possible de les faire eonuaîlre par voie d'analyse. D'ailleurs, c'est toujours d'après celle mélliode que l'ou procède et nous n'en voulons prendre (|u'un seul exemple dans les lettres missives du lioi Henri 1 \\ publiées par le Ministère de rinslruciion publique, dans la piécieuse collection des Documenls inédits sur l'Iiisloire de France. Ne pas faire connaître inexlenso les dépêches de Charles IX et de la Heine Calhei-ine eût élé faire preuve d'une véi-ilable fantaisie que nous n'avons pas pu nous permellre.
La seule qucsiion qui nous préoccupât dans notre ordonnanceuieiit élail de savoir si nous ne donnerions [las plutôt celle correspondance royale comme preuves et pièces justilicalives du récit du siège de Domfront par de Caillièrcs, l'historien du maréchal de Malignon. Nous avons piéicré leur assigner le piemier rang. D'abord, nous le répétons, à cause de leur iniérêt capilal. Parce que, ensuite nous pensions que ces dépêches royales ne pouvaient et ne devaient être l'objet d'aucun conliùle et d'aucun commenlaii-e. I^nlin, paice que la narration de de Cadiières dépassan! les limites de la forU'resse de Dou)front, à la-
quelle se rattachent les dix-neuf lettres royales dont nous nous occupons, il nous a semblé qu'elle résumerait beaucoup mieux que nous ne pourrions le faire nous-même une correspondance qui forcément doit contenir de nombreuses redites, relater des circonstances étrangères au sujet principal que nous recherchons et renfermer parfois des épanchements d'intimité toute personnelle du roi envers son lieutenant générai en Normandie.
Nous tenons cependant à faire ressortir de cette correspondance et de ces missives royales les quelques faits suivants :
Remarquons en premier lieu que toutes les lettres du roi Charles IX, qui furent adressées par lui à leur destinataire au camp de Domfront, sont datées du château de Yincennes, où il devait rendre le dernier soupir, le 31 mai 1574, dans sa 24""^ année (1), quatre jours seulement après la capitulation de Montgommcry. La dernière dépêche, qui porte sa signature (nMo), est à la date du 28 mai \ 574. A cet instant, on ignorait encore à la cour le succès des armes de Matignon et de l'armée royale et l'on ne savait pas que celui que l'on tenait
(1) D'après le procès-verhal de l'aulopsie, signé d'Ambroise Paré, le roi Charles IX, mourut phlysique.
tant à avoir mort ou vif fût déjà prisonnier depuis la veille.
Dès le jour même de la mort du roi, Catherine de Médicis, régente en l'absence du roi Henri III, transmettait ses ordres à Matignon (n° 17). Le lendemain, elle lui écrivait encore: ne [aillez de donner si bon ordre en l'estendue de vostre charge qu'il ne puisse advenir aucun changement.
Charles IX, on le voit du reste, par ses nombreuses recommandations, tenait beaucoup à la prise de Monlgommerv. Il reproduit sans cesse et sous toutes les formes son désir de le voir prisonnier. Il ne fait que varier légèrement ses expressions dans ses diverses lettres (n<^^ 6, 7, 14, 15): Faites
en sorte que le conte n'eschappe point.
J'espère que j'auray bien tost de bonnes nouvelles de la prinse de Dom front et du conte de Montgommery. — Des Chapelles m a dit l'espérance qu'avez d'avoir bientost le chasteau et surtout que le conte de Montgommery ne se puisse sauver; je m'ensuis fort resjouy. - Ferez paiement a celluy qui prendra vif ledict de Montgommery. — Quand vous aurez prins ledict Domfront avec ledict Montqommery.
— Ayez si bon ordre que ledict Montgommery et les aullres chefs ne se puissent eschapper.
Lorsque la nouvelle de sa reddition parvînt à Viiiccnncs, la joie de la re.ne niere surtout fut extrême, tlle devait s attendre à voir son fils partager son enthousiasme, mais ce fut en vain qu'elle annonça le succt's de SCS armes victorieuses au jeune et malheureux roi que déjà les approches d'une mort triste et prématurée rendaient insensible. « Je me soucie de cela, dit-il a sa mère, comme de toute autre chose. »
Le roi au surplus, dans ses instructions secrètes,' avait, comme il est d'usage en nareille occurrence, tout prévu, même le cas où le général en chef, Matignon, serait tué ou blessé grièvement, peut-être fait prisonnier ou lomî.erait malade, et se trouverait dans la nécessité de remettre son commandement à l'un de ses lieutenants Pour ce cas de Sanssac, qui parail-il était le doyen d'entre eux, devait pourvoir a toutes'^ les éventualités.
Les historiens ont longtemps J'f^'"'^' '^'* termes mêmes de la capitulation de Monl- Konimery, on s'est même demande, si cette capitulation avait été formulée dans un écrit authentique. Aujourd'hui il semble parlailemenl établi qu'elle fut seulemeni verba c Un membre des plus dislir.gués de 1 InsIHut de France, tris-versé dans la connaissance de notre histoire normande, nous a anirme
que (les engagements d'honneur avaient été seuls échangés. Malgré celte affirmation, nous avons voulu faire de? recherches attentives au\ Archives Nationales et ilans les depuis historiques du ministère de la guerre, qui nous ont été rendus accnssibles de la manière la plus gracieuse; or, nos investigations nous ont prouvé qu'il n'existait rien d'une capitulation signée de la main de Gabriel de Montgommery.
Néanmoins, la question des conditions que lui avait imposées Matignon, auquel il s'était rendu, est encore agitée de nos jours, et l'on sait seulement que si le vaincu avait demandé pour lui-même la vie sauve, le vainqueur, qui connaissait l'implacable Catherine de Médicis, n'avait pu promettre à son prisonnier que la vie et les plus grands égards tant qu'il demeurerait entre ses mains. Ce fait est attesté pard'Âubigné (1) lui-même. Il démontre la fausseté de l'assertion de plusieurs histoi'iens protestants, de la Popelinière (2), de de Serres, de l'Ksioile (3 , de Le Laboureur, et de phisieuis écrivainscalholif|ues,qui prétendent (jlio lacapilulation de Domfront fut violée par lejuge-
ll) It'Aubigné, histoire universelle, t. 2, p. 123 el suivantes.
(2) Uistoire des troubles et !,'uerre.s civiles en France, pour le l'ait lie la relijtion; La llochelle 1581, 2 vol. in-12.
(3) Journal du rè^-ne de Henri lil.
ment et par l'exéculion de Monigommery sur la place de Grève. Les passions religieuses et politiques, on ne l'ignore pas, ont été mêlées dans celte grave discussion ; elles ont été très-vives de part et d'autre.
Mongommery par lui-même excitait le plus vil intérêt ; c'était l'un des meilleurs et des plus braves capitaines de son temps, et il semblait destiné à remplacer dans un parti Condé et Coligny. Il était permis d'admirer son courage héroïque ; il entendait l'attaque des places et donna souvent des preuves incontestables de son talent pour les défendre. Le malheur ne l'abattit jamais, et il sut tirer des ressources mêmes des événements contraires. Mais ses exploits furent souillés par des cruautés que l'histoire nous montre inséparables des guerres de religion. D'ailleurs rélléchissons avec calme sur le rôle que Monigommery avait pris vis-à-vis deson souverain, do la France et de sa pairie. C'est en guerre ouverte qu'il était pris les armes à la main, combattant contre son pays, contre ses amis, contre ses propres parents, car l'un de ses gendres était sous les ordres de Matignon. Si donc il avait à reprochera Charles IX et à Catherine de Médicis les massacres de la saint Barthélémy, re n'était point une excuse pour lui de fomenter la guerre civile et l'on ne pou-
vait exiger des vainqueurs qu'ils fissentgràce (le la vie à un sujet rebelle. Aussi sommesnous convaincus que, lors de la capitulalion de Domfront, Matignon n'engagea jamais la parole royale, dont la secrète^pensée lui avait été si nettement formulée dans les instructions datées des 15 et 19 mai 1574 (n°' Cet 7). Il la connaissait mieux que personne au monde, puisque le 15 mai le roi lui avait écrit : « Si vous pouvez prendre Montgommery et Gitrij vifs, vous ferez beaucoup pour mon service et les envoyez incontinent prisonniers à Paris. » Dans un post-scriptum qui est peut-être tout ce que nous avons de plus important dans cette correspondance, il ajoutait de sa propre main à cette dépêche celte recommandation formelle : « Matignon, si vous me fêtes le service de prendre Montgommery et Gitry en vie et me les amenez je l'estimerai au plus grand service que l'on me saurai 1ère. » « Charles. »
Le 19 mai Charles IX avait insisté auprès du général dans les termes suivants et renouvelé ses instances précédeates : « C'est de la plus grande affection qu'il m'est possible, lui avait écrit le roi, que je vous prye derechef, de sy bien pourvcoir et faire en sorte qu'il (le comte Montgommerv) n'eschappe point, mais que vous le dirigiez
en bonne et sure garde prisonnier à Paris. ... ou je désire plus que nulle autre chose lui faire bonne et exemplaire justice, comme vous dira aussy le sieur de Sainct Léger.
Matignon avait donc reçu les ordres les plus circonstanciés et les plus catégoriques, des ordres écrits et des explications verbales. C'était le roi qui parlait dans ces circonstances et non sa mère. La volonté de Charles IX était bien de tenir Montgommery prisonnier et de lui faire bonne et exemplaire justice, c'est-à-dire de faire instruire son procès et de faire exécuter la sentence, qui ne pouvait être que la peine capitale.
En présence de preuves matérielles de cette nature, le doute ne nous semble pas possible. Les écrits nous sont restés, nous les retrouvons aujourd'hui après trois siècles entiers et ils sont d'une autorité indiscutable que ne sauraient réfuter aucun des historiens protestants qui ont voulu défendre la cause inutile de Montgommery coupable.
Notre dernière dépêche (n° 20), est l'ordre donné à Matignon par Catherine de Médicis de faire procéder à la démolition des forteresses de Domfront, de St-Lô et de Carentan Elle est d'une certaine impor-
tance pour l'histoire militaire de ces villes qui, depuis celte époque, n'ont plus compté parmi les places fortes de la Normandie.
Maintenant, après avoir fait l'éloge de la valeur militaire de Monlgommery, nous devons en bonne justice dire à quel vaillant et digne général il avait rendu son épée.
Jacques Goyon, sire de Matignon et de Lesparre, prince de Morlagne, comte de Thorigny, baron de la ville de St-Lù, marquis de Lonray, était né au château de Lonray, près Alenron, le 26 septembre 1525. Il se trouva aux principales batailles de la 2® irioitié du xvi'' siècle, fut successivement lieutenant-général de la Normandie, en 1557, maréchal des camps et armées du roi en 1562, gouverneur de Cherbourg en 1578, maréchal de France et chevalier des ordres du roi en 1579. En 1581,1e roi, pour l'opposer au roi de Navarre, en remplacement du maréchal de Biron, le pourvut de la lieutenance générale delà Guyenne, et en 1589, du gouvernement de cette province, que le maréchal maintînt avec fermeté après la mort de Henri III, sous l'obéissance de son successeur. Matignon fit les fondions de connétable au sacre de Henri lY et mourut dans son château de Lesparre, le 27 juillet 1 597, avec la réputation d'un des plus grands hommes de son siècle, pour
l'esprit, l'humanité et les talents militaires.
Trois historiens ont écrit sa vie : Brantome (1) qui ne l'aimait pas ; d'Aubigny(2) et de Caillières (3), un normand, né à Thorigny, près St-Lô.
Tous donnent des détails fort circonstanciés sur les faits d'armes du maréchal, et entrent dans de longs éclaircissements sur le siège de Domfronl. Mais le récit de de Caillières nous a paru supérieur aux autres. Il est le plus complet et nous avons désiré le reproduire, parcequ'il nous a semblé que de tous les auteurs anciens il était celui qui avait puisé aux meilleures sources et qui avait fait le mieux connaître ce fait d'armes si mémorable ; seulement la narration en était pour ainsi dire perdue dans un fort volume in-folio, au milieu des actions nombreuses du maréchal de Matignon et de tous les événements dans lesquels il avait figuré pendant sa longue carrière militaire. >'ous avons dû l'en détacher, et sous celle forme c'est une composition en quelque sorte nouvelle que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs. Présentés ainsi, le siège de Domfronl et la capitulation de
(1) Vies des Hommes illustres, t. 3, p. 374..
(2) Vies des Hommes illustres de la Franco, l. XII, |). 431. l3) Histoire du maréchal de Matijînon, in-fo, Paris 16CI.
Montgommery, appuyés des dépêches royales adressées à Matignon, même en emprunlanl la plume de de Caillières, revêtiront une physionomie toute juvénile et affecteront toutes les apparences d'une œuvre inédile, à laquelle nous demanderons la permission d'ajouter seulement quelques annotations.
L'ouvrage de de Caillières est d'ailleurs d'une assez grande rareté. Il ne sera probablement jamais reproduit ; de cette façon et dans de semblables conditions la composition elle-même subira une transformation que lui donnera naturellement l'addition d'éléments entièrement nouveaux, inconnus jusqu'ici. Espérons alors que le tout ensemble aura un vif et puissant intérêt historique pour Domfront et pour une partie de la iS'ormandie.
Cependant nous ne voudiions pas faire croire que le siège de Domfront n'ait pas été traité d'une façon supérieure jusqu'ici. Nous n'entendons parler, en reproduisant des textes du xm^ et xvii^ siècles, que des anciens chroniqueurs, car pour nos auteurs modernes et contemporains, ils ont traité le même sujet avec un talent incomparable et une autorité que ne pouvaient avoir leurs devanciers. Citons on première ligne la belle nairalion de M. Léon de la Si-
cotière(l) actuellement l'un des sénateurs du déparlement de l'Orne, dont la plume élégante a retracé ces annales avec une remarquable poésie, et une vigueur d'expression que l'on trouve rarement ailleurs.
M. Louis du Bois (2) et M. Gaston Le Hardy (3) ont suréveillerencorerinlérèt eux aussi et écrire quelques belles pages sur ces dramatiques événements déjà bien lointains et qui reportent nos esprits et nos souvenirs à trois siècles en arrière. Auprès d'eux tous de Caillières est bien pâle, sa narration bien languissante, ses expressions bien démodées, mais les lueurs incandescentes que projettent les plumes et les souvenirs de Charles IX et de Catherine de Médicis, les sinistres témoins, pour ne pas dire les exécuteurs de la saint-Barthélémy, lui donneront un éclat dont il avait été dépourvu jusqu'à ce jour.
Quant à de Caillières, il va sans dire que nous devons le faire connaître également.
Né àThorigny, Jacques de Caillières fut maréchal de bataille des armées du roi Louis XIV, c'est-à-dire maréchal de camp et gouverneur de la ville et du château de
(1) Orne archéologique et piltoresque, in-fo.
(2) Recherches archéol. historiques sur la Normandie, 1841 . 250. •
(3) Hist. du Protostanlisme en Normandie, 1869, p. 259.
Cherbourfif. Il mourut dans celle dernière villo en 109G ou 1697. D'Alembert a dit de lui que c'était un homme d'esprit. Il fut membre do l'Académie de Caen et il composa plusieurs ouvrages entre lesquels nous mentionnons spécialement son histoire de Jacques de Matignon, maréchal de France. Paris, 16G1, in-folio.
En terminant, il nous reste à faire un dernier et suprême appel à un travail du même genre que le nuire sur Domfront, qui existe dans les environs de cette ville et dont nous attendons depuis longtemps la publication qui nous avait été promise.
C'est le Journal de la Prise de Domfront sur les protestants, composé par François Pitard, écuyer, sieur du Chêne-Sec, de la Barillière et du Lude. Ce manuscrit encore inédit a été signalé depuis longtemps par Caillebotte, l'historien de Domfront, qui en possédait une bonne copie et qui a dû le transmettre à l'un des membres de sa famille, après sa mort. 11 a été communiqué autrefois à M. Léon de la Sicotière. Quelques passages qu'il a reproduits dans l'une de ses publications si goûtées et si remarquables sur ce beau pays, ont permis d'apprécier la valeur et l'importance de ce manuscrit qui se cache actuellement dans un presbytère.
C'est le texte seul de Pitard, dans toute sa simplicité, que nous désirons avec ardeur et que nous demandons avec instance, et non pas les commentaires dont veut l'accompagner son heureux détenteur. Les compositions de ce genre, qui remontent à la fin du xvi^ siècle, sont comme les dépêches l'oyales que nous faisons connaître aujourd'hui au public ; elles se recommandent de soi et se passent fort bien et par-dessus tout des moindres additions. Les accompagner naême de quelques observations sommaires serait les déflorer.
Nous ne saurions accepter comme suffisante la publication qu'a faite l'Annuaire du département de l'Orne. Ce n'est qu'un extrait fort concis de ce même Journal de Pitard. Il comprend seulement huit pages, in-IS; comme résumé, il est très-bien fait, mais il ne saurait équivaloir au texte original lui-même, dont le spécimen donné dans l'Orne archéologique et pittoresque, page 122, fait comprendre toute la valeur. Odolant Desnos, dans son mémoire historique sur la ville d'Alencon, t. 2, p. 293, fait également mention du Journal de Pitard, dont il fait valoir l'importance.
Enfin, comme complément de tous ces faits historiques que nous évoquons aujourd'hui, et de tous ces documents restés
jusqu'ici dans l'oubli, nous voudrions voir éditer le procès-verbal de l'Etat des fortificaiions de Domfront, dressé en 1562, quelques années seulement avant le siège en règle qu'eut à y soutenir Montgonimerv. Il existe et devrait pouvoir se retrouver. D'après lui la ville était ceinte de vingt-quatre tours. On y entrait par quatre portes couvertes de bastions. Dans l'intérieur, on voyait des souterrains d'une grande beauté et plusieurs belles citernes (1).
HippOLYTE SAUVAGE.
1" Août 1877.
(1) Girault de St-Fargeau. Diction, géogr. de la France Domfront. '