‹ Dominicales du curé de campagneChapitre 22 sur 42 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

L'Évangile nous dit que les premiers, en voyant qu'ils ne recevaient qu'un denier comme les derniers, se mirent à murmurer, en disant : « Ceux-ci n'ont travaillé qu'une heure et vous leur donnez autant qu'à nous qui avons supporté le poids du jour et de la chaleur. » Déjà dans le cœur du frère de l'enfant prodigue, nous avons trouvé quelque chose de ces murmures qui se reproduisent dans l'évangile de ce jour. Ne les partageons pas. L'envie détruit la chanté fraternelle et ne peut exister avec la véritable sainteté. Réjouissons-nous, au contraire, de ce que Dieu tend la main aux pauvres pécheurs et partageons la joie des anges, plus heureux de voir revenir un pécheur pénitent que de voir quatre-vingt-dixneuf justes qui n'ont pas besoin de pénitence. Le père de famille ayant entendu le murmure de ses ouvriers, répondit à l'un d'eux : « Mon ami, je ne vous fais point de tort : N'êtes- vous pas convenu avec moi d'un denier pour votre journée ? Prenez ce qui est à vous et allez-vous-en : je veux donner à ce dernier autant qu'à vous. » N'oublions jamais que Dieu étant le maître de tous les biens, il peut répandre ses dons et ses faveurs quand et sur qui il lui plaît. Les f/âces. qu'il accorde à nos semblables ne dimi-

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nuent en rien celles qu'il nous réserve à nous-mêmes. Nous n'avons donc aucun droit à nous plaindre. La seule chose que nous ayons à faire c'est de faire valoir le talent qui nous a été confié.

Notre Évangile se termine par ces terribles paroles que les plus grands saints n'ont pu entendre sans être saisis de crainte : Comparativement au nombre des réprouvés, le nombre des élus sera bien faible. Ce n'est point le petit nombre des élus qui doit plus nous épouvanter, c'est notre conduite ; car pour être élus, il faut avoir évité le mal et pratiqué le bien ; en d'autres termes, il faut avoir soigneusement cultivé la vigne du Seigneur, c'est-à-dire notre âme. Puisqu'il en est ainsi, jeunes gens que Dieu sollicite, levez en haut vos cœurs ; travaillez au salut de votre âme : Ite et vos in vineam meam. Chrétiens mûris par l'âge etj'expérience, comprenez la vanité des joies mondaines, et travaillez à gagner les biens éternels : Ite et vos in vineam meam. Et vous qui touchez aux années de la vieillesse, vous que Dieu appelle à la dernière heure du jour, répondez à cette invitation suprême, expiez vos égarements passés, rendez-vous dignes d'entendre ces paroles, quand vous apparaîtrez devant Dieu pour être jugés. Allez, vous aussi, dans le champ du père de famille; entrez, vous aussi, dans les splendeurs de l'éternité : Ite et vos in vineam meam. Ainsi-soit-il.

POUR LE MÊME DIMANCHE

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