LE SALUT
Quid hi- statis tota die otiosi? (Math., xx, 6.)
A combien de chrétiens ne pourrait-on pas faire le même reproche que le père de famille fait dans notre Évangile à ces ouvriers qui, à l'égard de leur salut, vivent dans une funeste oisiveté! Ils ne sont point inoccupés, à la vérité, pour les affaires du monde, au contraire, on en voit travailler sans relâche du matin au soir, les uns pour amasser du bien, les autres pour s'élever aux honneurs ou se procurer des plaisirs, mais la grande, l'importante affaire du salut a-t-elle une large part dans leurs oc« cupations? Nullement; ils l'oublient et la négligent comme si elle était de nulle conséquence, ou comme si elle ne les regardait pas; aussi peut-on leur dire avec le père de famille : Quid hic statis tota die otiosi?
Mais d'où vient cette criminelle oisiveté d'un grand
nombre de chrétiens à l'égard de leur salut? Elle vient de ce qu'ils n'ont jamais réfléchi sur son importance. Essayons de méditer aujourd'hui ce grave sujet et de leur apprendre ce que c'est que le salut. Voici les trois pensées sur lesquelles j'appelle votre bienveillante attention :
Le salut est ;. 1° notre affaire ; 2° notre grande affaire; 3° notre unique affaire. (Voir Le Missionnaire de la campagne, tome Ier, page 89.)