‹ Don AlonsoChapitre 30 sur 62 · S82 LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

S82 LIVRE DIXIÈME

poir au désastre qui venait d'ensevelir les derniers débris de notre puissance maritime dans la tombe de l'héroïque Gravina. Les changements de l'état du monde, que je ne pouvais croire irrévocables, s'offraient à moi dans tout ce qu'ils avaient de douloureux pour l'oi^ueil castillan. L'Angleterre régnait sur les mers. Son pavillon était le seul qui s'offrit à nous, en nous obligeant de le fuir toujours, dans -les solitudes de l'Océan. A ce moment même, Fultoo, sa vapeur teiribledans la main, étonnait les lacs desËtats-Unis de fwodiges qui devaient un jourdoter d'armes nouvelles les peuples les plus audacieux et les plus habiles. Celte découverte venait^lle pour rétablir l'égalité des Ëlals, ou bien devaitelle, par la destruction de toutes les puissances rivales et la fatale complicité des événements ou des hommes, appesantir au profit des maîtres nouveaux de l'Océan leur sceptre oppresseur? En attendant, qu'ail ions- nous apprendre de l'Europe? J'ignorais la monarchie du grand Frédéric détruite en une bataille, les décrets de Berlin et de Milan, le blocus continental , l'Allemagne entière muette sous le joug de son vainqueur, ce vainqueur campe au sein de la Pol(^iie, dans le palais et sous les tentes des JageDons, sans trouver dans cette fortune extraordinaire la pensée de refaire une nation et de relever une barrière, en retour de tant d'États , de tant de trônes , de tant de droits foulés aux pieds à tort et à travers par ses armes ou par ses décrets. Un yacht de plaisance, de je ne Kais quel lord en villégiature sur les mers, qui passait auprès de nous, s'était pris à nous jeter la nouvelle du changement de politique de Godoy, en ajoutant avec dérision la seconde péripétie , celle de sa brusque et pusillanime résipiscence. J'eus la joie de lui répondre par la capitulation de lord Tupbam et de sir James Béresford. Hais les lauriers que j'apportais ne pouvaient, par malheur, compenser tant de fidblesses et encore moins conjurer tant dé périls!

< Cependant, mon cœur bondit ; l'ancien monde était signalé. Devant nous s'arrondit hienlât, immense et ré-

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