‹ Don AlonsoChapitre 31 sur 62 · I :„i- I ,C(.K>tjl>J · texte numérisé non relu

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BEPBise DU lUHUsciin d'aînboa. 283

gulier, le solennel amphiUiéàtre de l'Europe et de l'Afrique qui se confondaient à nos r^ards. Pliw tard, les deux continents se séparèrent. L'étroit passage ouvert aux flots, aux vents et aux escadres , se laissait deviner. A notre droite, oous avions la cbaine escarpée des monts africains; à notre gaucbe, les monts grisftlres de Ronda el le vert rivage de l'Andalousie; en face, les deux pronMmtoires qui se font face l'un à l'autre, le cap Spart«l, à l'avant-garde du Maroc, et vis-à-vis... comment écrire ce nom? c'était oe cap aigu ib Trafalgar dont l'aspect porlaît à* mon cceur mille colères el mille douleurs. Uon Âme n'était déjà qu^ trop blessée par la vue lointaine du roc à pic de Gibraltar qui se dressait aux limites de l'hoi-izon, blanc et ofiilé comme une épée nue, iâjurieux comme un drapeau ennemi piaulé sur notre sol par la fortune. Ces edux falalei me semblaient rouges encore de tout le sang qui y avait coulé. Là, soixante^ix vaisseaux de ligne avaient combattu avec furie; là, trente-tfois de ces citadelles floitanles, les dernières défenses de la liberté des mers, s'étaient ensevelies dans leurs propres ruines. C'étaient ces deux mêmes pavillons d'Espagne et de France , si triomphants sous Charles lit et sous Louis XVI , qui avaient rencontré ce grand désastre', parmi des scènes d'indomptable courage que Bonaparte laissa ignorée!» du monde parce que son étoile y avait pâli. Les trois amiraux avaient eil le même destin. Nelson n'avait pas survécu à son triomphe; Gravina, à sa défaite, Villeneuve, à son désespoir. Je ne me lassais pas de contempler ce mouvaut champ de bataille où s'était accwnplie la contre-partie d'Austerlitz. t'y voyais le prélude des destins du grand empire. Et par malheur, notre iiilôme alliance, qui ne nous préservait, ni de ses spoliations, ai de ses outrages, ni de ses exactions, faisait peser sur nous tout le poids de son premier revers.

■ La nouvelle que j'apportais avait pénétré avant moi dans la Péninsule par la voie d'Angleterre. L'arrivée du jeune commandant des Pamperos était attendue. A la vu^

, , , Cno^k'

284 LITRE DIXltMR.

d'un navire dans ces parages, autrefois si animés, queroidait déserts depuis deux ans une guerre contraire à tous les principes du droit maritime et à tous ceux du droit des nations, les populations furent partout sur pied. Elles semblaient border la haie le long de la haie profonde qui baigne, au nord, la riante cAte de l'Andalousie, avec ses forëls, ses dtés, ses fleuves sans nombre; à l'est et au sud, l'île de Léon, la longue et étroite langue de terre où sort, du milieu des rochers et des flots, comme un séjour enchanté, celte coquette el superbe Cadix, vieille de trois mille ans et parée d'une étemelle jeunes^. Je ne puis dire combien le cœur me battit en revoyant le sol de la patrie, en contemplant les forts, les châteaux, les clochers, les remparts de la reine de ces rivages. Je me rappelais les cAtes de la Galice, les adieux de Maria, la tour d'Hercule où je la vis pour la dernière fois, et maintenant je retrouvais à l'autre extrémité du territoire espagnol ces colonnes d'Hercule fameuses, c'est-à-dire les mêmes souvenirs, la même empreinte du génie de Tyr et de Carihage. Notre bâtiment cetoyait les récifs qui bordent les murailles; il talonna sur l'un d'eux au risque de nous briser au port. Au momenl, probablement sur un signal des pilotes, nous vîmes une foule immense accourir sous les ombrages de l'Àlaméda en agitant des bannières et des mouchoirs, les navires captifs dans les bassins et les maisons de la ville se pavoiser, puis le gouverneur, la garnison, le peuple entier, ce peuple élégant et enthousiaste, inonder la jelée. Au moment où je débarquais, ce furent partout, à l'honneur de mes vaillants compagnons d'armes de Buenos-Ayres , des cris, des chants, des fleurs, des airs de fête. Les belles Gaditaines, aux traits, aux regards, à l'expression incomparables, se pressaient à la porte de la cité avec cette ardeur du geste et du regard que tout le monde conndt, avec celle grâce charmante que rien ne surpasse dans l'imivers. Leur voix émue prodiguait les louanges et les acclamations aux vainqueurs de la Plata. Comment dire mon étonnement 0.

REPRISE SU MANUSCRIT D'AÎNHOA. 285

mon trouble? La plus belle, la plus séduisante de touteB était Hatéa. Elle avait été chargée de me remettre une couronne que décernait à mes compagnons absents la ville de Cadix. Son rang, sa beauté, le souvenir de ce que j'avais fait pour elle la désignaient à ce choix. On avait voulu ainsi me rendre cet instant plus cher. J'étais ébloui, éperdu. De grosses laroies imnbaient sur mon visage. Cet accueil de la patrie dépassait tous les rêves de mes jeunes ambitions, et jamais Matéa ne s'était montrée à moi brillanlc d'autant de charme et d'éclat. Elle aussi était très-émue. Je remarquai d'abord qu'un grand changement s'était fait eit elle. Un sentiment sérieux, profond, exalté, était empreint dans toute sa personne : il respirait dans son regard ; il éclatait dans son œil fixe, dans son trouble, dans son sourire tout ensemble réfléchi et passionné. A peine mes yeux avaient-ils rencontré les siens dans la foule, que j'avais su combien son cœur s'était intéressé à mes succès. Comme j'allais baiser la main qui voulait me couronner, elle se jeta dans mes bras, aux applaudissements enthousiastes de toiit ce peuple qui nous entourait. J'apprenais que la gloire a f-a volupté! Il n'y a que les applaudissements des femmes qui enivrent : ceux de Matéa semblaient me livrer le monde.

Quand nous fûmes seuls:

« Je vous revois,» me dilr*lle, a 'comme je pouvais le « souhaiter, honoré déjà par par de beaux faits d'armes, « déjà cher à la patrie espagnole ! La cour et la ville vont

■ se disputer votre conquête ! > Elle pâlit , et ajouta : « Combien la marquise sera orgueilleuse de vous!....» Pourquoi le taire? je fus ému jusqu'au fond de l'âme de découvrir ce que j'étais pour elle. Ses lettres ne me l'avaient pas dit, ou je ne n'avais pas su l'y voir,

« Il me fallait poursuivre sans délai mon voyage : don Domingo voulut que sa fille, qui était à la veille de retourner à Madrid, partit en même temps que moi. < Je ne € puis l'accompagner, » me dit-il. < Après quarante-cinq

■ ans de travaux heureux , le despotisme vient de m'en

M6 UVHB DIXIÈME.

€ ravir le fruit : la spolistioa de la banque m'a niiaé > sans retour. Il faut que je demeure pour mettre ordre à c mes affaires. Faites pour ma filie ce que je suis si heu- « reux d'avoir fait pour voire soeur à la Corc^ne. Quel ■ cœur d'or et quel esprit de feu vous m'avet fait conc naître 1 Je l'ai dit bien souvent à Haléa : ma vie n'a pas « compté de jours si remplis et de respects si faciles. « ToucheE là : a^H'ès taol de malheurs, vous me répondez « encore une fois de ma fille. Je serai tranquille quand je ( la saurai, avec la chère Fernandina et toute sa caravane, « sous la protection de votre épée invincible ! >

« Doîia Matéa était dans un état d'agitation extraordinaire. Elle voulut protester contre la pensée de son père; il y avait en elle un singulier mélange d'effroi et d' émotion. Hais don Domingo n'avait pas des désirs qu'on discutât; il fallut céder. Entourés de la petite comtesse, de sa gouvernante, du chapelain, de la camarera, du majordome, du reste des femmes, des nombreux pages à cheval , nous partîmes. La même voiture nous emporta, la comtesse et moi, loin de cet Océan qui nous avait si longtemps séparés.

« Hatéa traversait, ainsi que moi-^ême, sans les aperce- ; voir, les plus rares merveilles qu'il y ait sous le ciel des Es- i pagnes. Ce n'étaient plus lagrande végétation et les grandes scènes de l'Amérique. Hais c'était la patrie!... c'était le jardin féerique des bords du Guadalquivir , ses bois d'oli- ' Tiers, de citronniers, d'orangefS, son air pur, embaumé de parfums, éclatant de lumière, empreint d'une inexprimable volupté I Tantôt la journée finissait dans de riants villages, tantâl dans les cités, parmi leurs alcazars, leurs tours, leur» beRrois, leurs fontaines, leurs cathédrales mauresques; créitions superbes etcharmantes,oii toute lapoésie de l'art arabe et du génie des Abencerrages se montre vivante et inunortelle dans les ciselures aériennes de la pierre et du maitMre.

Cooslc

RI^PRIRR DU MANUSCniT d'aÏNHOA. S8?

Les Abeiicerrage^ ! car on saxtt planer de loin snr totite la conlrée Grenade el son Gén*^inlife, Grenade el l'Athambra, Grenade et les souvenirs de Ferdinand et d'Isabelle assis aa milieu des ruines de l'empire des Califes. Mais vains souvenirs! Même à Sévilte, aux pieds de cette tour de la Giralda, la merveille de l'nnivers, ou devant les tombeaux de saint Ferdinand et d'Alphonse le Sage ; même à Cordoue, dans le temple qu'Abdérame vint billir de ses mains, du temps de Chariemagne, pour être quelque jour la demeure dn vrai Dieu, au milieu de cette forêt de deux mille colonnes de marbre et de jaspe qui confondent l'imagination, parloiil enlin, Maléa semblait se refuser h donner une pensée ni un regard aux spectacles différents qui se déployaient autour de nous. Sa sombre distraction m'offrait un élrange mystère. Chaque jour plus tendre , elle était aussi chaque jour plus agitée. Ses paroles confuses faisaient sans cesse intervenir entre nous un nom, que, pour la première fois de ma vie, j'essayais d'écarter, i Alonso de mon flme, > me disait-elle, en laissant tomber sa tète sur mon épaule, ( fais que je puisse être pour toi une amie, nn guide, une

■ seconde sœur!... Pour ton répos et pour le mien, c'est

■ le seul titre que je doive accepter. > Puis, se relevant, elle répétait douloureusement ce cri : t Une seconde « scmir ! > en Axant sur moi un regard qui semblait essayer de pénétrer jusqu'au fond de mon âme. D'antres fois, elle me prenait la main et me disait : ( Garde-toi de souhaiter

■ que Hatéa soit à toi ! Nous n'avons pas le même Age : nous « ne pouvons avoir la même destinée. Un jour viendrait < qtie nos liens te seraient pesants, que ton cœur se poi^

■ ferait tout entier ailleurs; ce jour, ma tendresse croirait

■ sans cesse le voir levé. Je ne vivrais plus que pour le

■ désespoir, et, je t'en avertis, pour la vengeiincel >

« L'amour vi'ai on faus , ce facile compagnon de la jcnnes9e,est imprévoyant comme elle. Il nedoutent de l'avenir, ni de soi-même. Hatéa, nuirefois m'avait charme, en étant indifférente, gaie, frivole, imiijtiement occupée do plaire et

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<l'y employer toutes les ressources de son esprit et de sa beauté. Comment dire ce qu'était Hatéa pensive, émue, exaltée, rendant évidemment contre elle-même des c(Hnbals qui lui donnaient mille attraits nouveaux! Je ne répondis que trop aisément à ses appréheosions par des protestations ternaires. Ma vie les a expiées. Uais c'est le tort, c'est le crime des liommes; et un sexe qui croit sans peine aus paroles d'a- . mour, qui sait tenir mieux que le nôtre ses promesses, paye souvent de chagrins et de repentirs sans terme la faute de s'ëlra confié un jour à no; serments!

< Nous arrivâmes aux pieds de la Sierra Morcns. Les parfums de l'Andalousie et les délices du printemps étaient rassemblés dans le site admirable où finissait notre jtHimée. Une émotion plas vive que jamais «limait les yeux et le seiit de Hatéa. Elle voulut se faire redire l'histoire de mon exil, et tout à coup elle m'inteiromiut : f II y a dans Usa K cœur, s'écria-t-elle, des choses qui m'épouvanteot. Non : « cen'estpasmoiquetu aimesl C'est... 1 Ëlles'arrètabnis- ' quement, puis elle reprit : « Alonso , je trouve du charme à c te voir embrasser mes genoux , moi qui n'ai pas bravé < les tempêtes, aRronlé la guerre, vaincu le Créole et l'An- « glais! Tuesàmes pieds.. ..Tuyrfôteras!Bénis-en ton pa- « tron céleste; car un instant pourrait te coûter des larmes « de sang. Mon existence sentit employée tout entière

■ à d^ler la tienne. > Elle dît, elle voit mon trouble , en est touchée, en est vaincue. « Écoute, s'écrie-trelle;

■ je t'aime, et j'apprends par mes tourments que je n'armai « jamais que toi; j'ai joué avec tes impressions) peut-être

■ avec celles de beaucoup d'autres; je fus punie le Joufoù

■ je découvris dans mon cœiir le sentiment que je me « plaisais ù l'aire naître dans le tien. Présent et absent, j'ai « lutté contre toi. Je te retrouve renommé, glorieux, à no « âge où la gloire est si rare, dans un temps qni la refuse c à notre nation. Je ne lutte plus! Je me rends!... Je me a rends au prix d'un serment. Jure-moi de renoncer à « la folle idolâtrie qui fait le désespoir de toutes mes

NEnitSB DU KiDUsCiiiT u'aInhoa. 2S9

n heures. Je prétends tenir à toi par une chaîne si étroite

• qu'il n'y ait pas de place entre nos cœurs pour une étran-

• g^. A d^ter de ce moment, tu me l'abandonnes ; tu me

• l'immoles^ Ah ! jure-le-moi, et je te donne ma vie ! » «Ces mots avaient fait courir un frisson glacé dans mes

Teioes. Une ^fran^ére, grand Dieu!... L'étrangère était celle qui osait s'exprimer ainsi. Elle attaquait l'une des religions de ma vie. Cependant, Ualéa, à la fois passionnée et suppliante, , attendait ma réponse, comme elle eût attendu son arrêt. ( Jamais!* m'écriai-je! «jamais rien de semblable ne sor-

• tira de ma bouche, ni de mon cœur! » Et, me dégageant de son étreinte , je repris frwdement et douloureusement : « Jamais! >

e Bien des fois déjà, dans ces terribles jours, mon cœur avait crié contre moi, contre mon entraînement, cotilre l'oubli des touchants adieux de la Corogne, des appels de Maria à ma foi chrétienne, de ses craintes religieuses pour mon salut; de ses prières pour que je ne misse jamais entre ma sœur et moi gîte des devoirs ! UaintenanI , l'enlr^nement était dompté :il l'était sans retour; il s'évanouissait devant cette offense aux sentiments les plus profonds de mon flme.

« Étranges contrastes du cœur humain ! Ce moment où j'abjurai tout à coup tant de vives impressions, où je repoussai de mon sein l'enchanteresse qui y avait allumé tant de Tceui brûlants, est celui peut-être où mon cœur avait été le plus touché pour elle. Je sentais les rôles changés entre nous. Je la contemplais muette, l'œil fixe, l'air frappé de la foudre, tenant ma main serrée dans les siennes d'une façon désespérée. Sa douleur, sa surprise, le mélange de trouble et d'abattement où je voyais celte Matéa si belle , si fière d'ordinaire et si triomphante, le sentiment vrai qui se révélait à travers sa résignation et son silence, les reproches trop réels que je m'adressais à moi-même quand elle ne m'en adressait pas et que ni une plainte ni un murmure ne ' sortaient de sa bouche, tout me pénétra d'un sentiment plus I. (7

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MO LIVRR HKltHlt.

~ vrai et pluiteldrequeH'avaieiiléténMsaclinra^onBdetaiit d'aanéea et mes rêves de taat de veilles. Aossi est-ce uns eSbrl qu'après quelques moments je multiplia^ auprès de la seule femme qui eût parlé à moB ImaginatîoB les paroles les plus faites pour l'adoueir et la coniMlev. Je lui demandais, je lui prcunettais une étorDellé amitié 1 Elle ne répondait que par ud muet c^ard ou par un Bourire dédiirant. , C'est ainsi que s' écoulèrent les derniers jours de ce voyage VWquéd'abord par tant d'eniTremeDtsetd'iliusiODs.

■ Une étrange persécution s'y mêla. La camarera ph\ ce jBDKHneiit pour laisser éclater jusqu'à la furie une colère toujoHn fUTOgante et quelquefois Injurieuse. Son eeil eurieui avait mal compris ce qui venait de se passer entre neas. Mes -^ggvdi et mes soinscontribuèreat à l'abuser. Matéa lui taisait 4pijfli Après n'avoir pas eu de secrets pom- elleplua que poiv 'K|i directeur. Celte sorte de duègnes perpétuent chee nous les familiarités des soubrettes de la comédie frauçaîse avec JUie foule de prétentiwu de plus. Elles ne pardonnent pas à quiconque prend de l'ascendant sur leurs maltresaea. Ces princesses d'antichambre ont tous les travers aussi bien que les soucia de l'empire : avides de pouvoir et pleines d'ombrages, elles croient sans cesse leur se^tre en danger.

Doâa Inès, pendant mon abs^ioe, avait continué à ne pouvoir se consoler de son état d^ndant, même car ses perpétuels récits des fastes de sa famille. Ses aïeux &' étaient illustrés, disait-elle, dès le temps de ïtoncevaux. Elle coonaissait tous leurs emplois, contait tous leurs coupis d'épéa, et n'oubliait qu'une chose, c'est que son père, obscur hidalgodes Pyrénées, possédait une aubei^e de village dans je ae sais quel coin de la Navarre. Elle n'avait garde de din non plus qu'elle tint de près k un couple audacieux st tw- , rible qui n'avait que trop marqué dans la vie de la comlfost. ! J'étais toujours à ses yeux l'obscur étudiant de Salamaiiqae. Elle s'irritait dece qu'elle savait et de ce qu'elle cnqFsit «ait, comme d'auUnt d'injures personnelles. lÊlIe isèUit aux dé- . monf trations de sou inimitié deti airs de dédain qui in*i»

■■[3.l:.-;i=,G0Oyk' j

ttEpRiSE M aAHrSfJitt o'aFmhOa. S91

portanaient malgré leur rîJteule. Je ne concerais pas que sa nultresse liû passit tous ses emporteinenls. Incapable de conseDtir k tes désarmer par mes soins, eomaie Hatéa me l'avait d^aandé d'abtW, je lui disais bien sou* i«ot que d'une vanité si inquiète et ti haineuse devaient Mllre pournous des cbagrina, des catastrophes peuUMre. Je se savais pas que déjÀ cette fille alti^ irritât toutes les plaies d'un cœur qui en avait de si vives, en accusMl sans usse ce qu'elle appelait l'wgueil de mon succès, ce qui déviai aux yeux de Matéa celui de mon refus. Ses patsieqs altisées ainsi ne firent que s'exaspérer. Oii je ne voyait que l'aB^lim el la douleur, fermentait la vengeance. >

llf.

Nous aiTivflmes au terme de notre course. C'était à Aranjuez, résidence favorite du roi, et, en effet alors, le siège de la cour. J'allais m'arrëter pour remettre mesdépëches; Hatéa devait cMitinuer jusqu'à Madrid. A l'aspect du T^e, de aa riche v^lée, des bois séculaires qui l'ombrag^t, DOS cœurs tressaillirent. En présence du lieu dans lequel touft les iutérèta des Elagues s'agitaient, Hatéa se ranima. Hw-nsëme, je ne pouvais voir sans boobeur et sans âerté lefr approches de la capitale, où oie ramenait, au t)out do tr^te mois, la victoire, où m'altendai^t, avec les joies de l'honneur, toutes les alTectionS saintes de la famille, où planait Maria. Hatéa, en nous séparant, me demanda si elle me reverrait bientôt. « Dès demain peut- ( être; certainement, deux heures.a[»ès que je serai dans ( Madrid. — Jésus, mon Oieu! Vis mille aonéesi J'avais « besoin de cette parole. Je ne saurai plus me passer de ( toi. Songe que chaque jour où tu me laisseras sans te I voir, lu me mettras le poignard dans le ctBwl ■

Ut cour et l'Espagne étaient remplies d'une faveur nouvelle qui venait d'honorer don Manuel, pour prix apparemment des périls que faisaient courir à la uouarcbie ses

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