‹ Don BoscoChapitre 110 sur 152 · JE DÉSIRE ALLER BIENTÔT EN PARADIS · texte numérisé non relu

JE DÉSIRE ALLER BIENTÔT EN PARADIS

Le vénérable malade reçoit la visite de plusieurs personnages du Chili, se rendant à Eome pour les fêtes Jubilaires.

L'un (Veux, le voyant si souffrant et si oppressé, lui dit: — Nous prions beaucoup le Seigneur de vous débarrasser de vos infirmités et de vous conserver longtemps encore à notre vénération. — Don Bosco répondit : — Je désire aller bientôt en Paradis: de là. je pourrai travailler bien mieux pour notre Pieuse Société et pour mes fils: je pourrai bien mieux les protéger. Sur la terre, je ne puis plus rien pour

20 décembre.

DERNIÈRE PROMENADE — BIEN FINDt.

Le pauvre Don Bosco a la respiration pénible, et il est contraint de se mettre au lit à 7 heures du soir: il ne se lève qu' à dix heures aujourd'hui, après avoir entendu la Messe et reçu la sainte Communion.

Jusqu' à midi, il donne audience aux bienfaiteurs et à un certain nombre d'étrangers.

Voilà bien 40 ans qu'il consacre la matinée entière et une partie de la soirée à conseiller, à bénir, à consoler, à aider, à réjouir saintement tous ceux qui viennent le voir.

Ce moment a toujours été le plus rude labeur de sa vie.

Ce matin, il est si faible, que la respiration paraît près de lui manquer.

Dans l'après-midi, il voulut, malgré tout, sortir en voiture : ce fut la dernière fois. On dut le transporter dans son fauteuil. Jamais il n'avait consenti à cela, en dépit de toutes nos instances; et cette pauvre satisfaction, hélas I devait même nous être refusée désormais.

Don Bonetti et Don Viglietti s'installèrent à ses côtés, et la conversation s'engagea sur l'ardent désir que nourrissaient tous les confrères Salésiens, de soulager leur Père bien-aimé.

Don Bosco écoutait ; il sortit enfin de son silence attendri pour dire: Viglietti, (/As- que nous serons de refour à la maison, souviens-toi d'écrire en mon nom ces paroles qui sont pour fous les Salésiens: Que les Supérieurs Salésieus aient toujours une grande bienveillance à l'égard de leurs inférieurs; et surtout qu'ils traitent bien et avec charité les gens de service.

La promenade terminée, on arrivait presque devant l'église de Marie Auxiliatrice. quand un inconnu fait arrêter la voiture et se présente à Don Bosco qui se trouve en présence d'un brave homme de Pignerol. Un des premiers . il avait vécu à l'Oratoire parmi les enfants que Don Bosco y avait recueillis aux débuts de son zélé. Avec quel bonheur le revit son ancien Maître, on le devine facilement.

Venu à Turin pour ses intérêts, il avait tenu à saluer Don Bosco ; et sachant qu'il allait passer, il avait trouvé plus commode de l'attendre sur le chemin: Mon cher, lui dit le bon Père, comment vont tes affaires?

— Heu! heu! par-ci, par-là: priez pour moi.

— Et pour ce qui regarde l'âme, -comment vas-tu?

— Je tâche d'être toujours un digne fils de Don Boseo.

— Merci, bravo! T)ieu te récompensera! De ton côté, prie pour moi. — Et après l'avoir béni, il le congédia en lui disant: — Je te recommande le salut de ton âme: vis toujours en bon chrétien.

Quand Don Bosco fat dans sa chambre, où il avait fallu le transporter, il dit affectueusement à Berrone, sommelier de l'Oratoire, chargé de diriger la petite équipe des porteurs : — Tu tiens compte, n'est-ce pins? Je te réglerai tout à la fin.

Le docteur Albertotti , qui vint le voir à ce moment . le trouvant très fatigué, le fit mettre au lit; Il obéit. Tandis qu'il quittait ses vêtements, l'abbé Festa lui ayant demandé comment il se sentait, il répondit tout ému: — Il ne me reste maintenant qu'à faire une bonne conclusion, qui termine bien le tout.

Comme on lui insinuait qu'un peu de repos aurait raison de son indisposition, il fit un signe de dénégation et répéta, en accentuant les paroles: Il ne me reste qu'à faire une bonne conclusion.

Dans la journée , il écrivit ce qui suit , sur une image : Maria, tu nos ab hoste protège et mortis hora suscipe (1). Et sur une autre, nous avons trouvé cette invocation en italien: Marie, à l'article de la mort, prêtée à mon âme votre puissant secours.

2 1 décembre.

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