LE PEUPLE
La petite église de Saint-François de Sales fut ouverte aux visiteurs vers huit heures du matin. On aurait dit que la grande cité tout entière était accourue à l'Oratoire pour saluer la vénérable dépouille de Don Bosco. Le Cours Eeine Marguerite et celui du Yaldocco livraient passage à une foule immense, calme et recueillie. Pendant toute la journée, la vaste place de Marie Auxiliatrice fut encombrée d'équipages de maître et de voitures de louage. — Allons chez D. Bosco ! — c'est le mot d'ordre qui avait mis en mouvement toute cette multitude. Le peuple, on le sait, pour frapper, en quelque sorte, son jugement sur les hommes et les choses, trouve toujours un mot , un seul , mais profondément juste. L'admirable ensemble d'oeuvres de charité fondé par le chanoine Cottolengo, tout près de l'endroit où devait surgir l'Institut de Don Bosco, porte le nom du fondateur; et désormais le nom de Don Bosco désignera essentiellement l'Oratoire Salésien.
Et ce sens délicat du peuple, cette fois encore, ne l'a nullement trompé. Eglise, oratoire, écoles, ateliers, asile, orphelinat, toute cette grande et harmonieuse réunion d'établiss°-
ments divers groupés au Valdocco, n'est-elle pas tout entière dans ce mot magique, Don Bosco, l'ouvrier de toutes ces merveilles? Don Bosco et Cottolengo! Deux hommes qui résument une histoire d' incomparable charité et de sacrifices héroïques.