LE DÉFILÉ S'ORGANISE SA COMPOSITION
Voici l'ordre du cortège:
Enfants de Marie des paroisses St. Donat et St. Joachim.
École primaire supérieure Sainte-Thérèse, de Chieri, dirigée par les Sœurs de Marie Auxiliatrice (Religieuses de Don Bosco).
Enfants et jeunes gens du Patronage du Dimanche.
Les Coopératrices Salésiennes, en très grand nombre.
Élèves de l'Oratoire Salésien et de la Maison de St. Jean l'Évangéliste, divisés par classes et par ateliers.
Religieux Coadjuteurs.
Anciens élèves de Don Bosco. Professeurs , journalistes .
musiciens, instituteurs, écrivains, artistes, industriels, tous s'avancent côte à côte, unis dans la sainte et durable amitié des jours de leur éducation chrétienne , comme aussi et surtout dans leur filiale vénération et leur profonde reconnaissance envers le maître et le Père de leurs jeunes années.
De tous les hommages rendus à l'humble prêtre, celui des hommes qu'il achemina vers le travail honoré et béni de Pieu, en leur donnant le pain du corps, de l'intelligence et de l'âme, est de beaucoup le plus touchant.
La musique instrumentale de l'Oratoire, avec sa bannière voilée d'un crêpe.
Immédiatement après, venait le clergé. Les Frères Mineurs de la paroisse St. Antoine. Les scolastiques Salésiens, au nombre de plus de deux cents.
Les prêtres, par rang d'ancienneté.
Une quarantaine de curés de Turin et du dehors.
Plusieurs chanoines de la ville et des diocèses voisins.
Leurs Grandeurs NN. SS. Cagliero , évêque de Magida; Leto, é'vêque de Samarie, et Bertagna, auxiliaire du Cardinal de Turin, évêque de Capharnaum , entourés de diacres, sousdiacres et prêtres assistants.
Suivait le cercueil, porté par huit Salésiens. Plusieurs prêtres, français et italiens, avaient sollicité l'honneur de rendre ce pieux devoir au bien-aimé défunt ; mais les fils de Don Bosco obtinrent que cette consolation leur fût exclusivement réservée.
Sur le drap qui recouvrait la bière, on avait disposé les ornements sacerdotaux et les deux médailles d'or décernées à l'apôtre de la jeunesse par la Société géographique de Lyon et par l'Académie de Barcelone.
A mesure que passait la vénérable dépouille, tout le monde se découvrait avec respect , beaucoup tombaient à genoux , et le peuple n'avait qu'une voix pour murmurer ces paroles qui depuis deux jours étaient dans toutes les bouches: C'était un saint!
Dos prêtres, entourant le cercueil, portaient les couronnes offertes par le Chapitre Supérieur de la Pieuse Société Salésienne, qui était rangé immédiatement derrière la bière.
Don Bua , défait par les douloureuses émotions des jours derniers, et abîmé dans son immense douleur, s'avançait entre Don Durando et Don Sala , suivi des quatre autres membres du Chapitre.
Ce cortège , qui défile depuis une grande heure , semble commencer à peine.
Voici en effet :
Un nombre considérable de prêtres;
Une députation de l'Archevêché et des Oblats de la Consolata ;
Les prêtres de la Société' de St. Thomas ;
Les élèves du grand Séminaire;
Des membres de tous les Ordres religieux ayant des Maisons à Turin;
Une députation du Collège degli Artigianclli ;
Des membres de la presse, rédacteurs ou correspondants des journaux de Turin, Milan, Gênes, Borne, Ivrée, etc., etc.;
M. le comte de Viancino, président de l'Œuvre des Congrès Catholiques, et une grande partie de la noblesse du Piémont ;
Les délégués de VUnione Conservatrice;
Le Conseil Central de Y Union Catholique ouvrière de Turin ;
L'Union des Aspirants ouvriers catholiques;
La Jeunesse Catholique;
L'Union du Courage Catholique.
Toutes ces Sociétés marchent bannière en tête, comme toutes les autres, du reste, venues de tous les points : nommons seulement celles de Saluggia, Chieri, Orbassano, Asti, Santena , Mzza Monferrato, etc., etc.
Le haut personnel enseignant des Établissements de l'État
n'avait pas voulu rester étranger à cette démonstration en l'honneur d'un grand éducateur de la jeunesse. Nous avons remarqué M. l'abbé Parato, docteur en théologie de la Facultécatholique de Turin , et proviseur du Collège National ; et M. le commandeur Scavia.
Parmi les nombreux étrangers qui avaient pris place dans le cortège, on nous a nommé : un représentant du Mouvement Catholique, du Chili; M. Jules Auffray , de la Défense, de Paris; M. l'abbé J. Komanet, délégué du Petit Séminaire de Pont de Beauvoisin.
Ces diverses députations marchaient entre une double haie de domestiques en livrée, portant un cierge avec écusson aux armes de la famille patricienne à laquelle ils appartiennent. Le Municipe, lui aussi, avait envoyé des appariteurs en grande tenue.
On voyait enfin, avec une profonde édification, plusieurs centaines de personnes pieuses suivre le cortège en récitant le Eosaire.
Pour donner une idée aussi exacte que possible du défilé, nous dirons que la tête rentrait à l'église quand les derniers rangs en étaient encore éloignés d'un grand kilomètre.
D'après le témoignage des journaux , jamais à Turin on n'avait vu un concours si considérable et si spontané'.
Don Bosco, enfant du peuple, bienfaiteur du peuple, a reçu du peuple la plus grande et la plus imposante manifestation d'amour et de vénération qu'on puisse imaginer.
La splendeur de ces funérailles n'a eu d'égale que leur simplicité.
Tous ceux qui y ont pris part sont fils , élèves , admirateurs de Don Bosco ; et ce n'est pas la curiosité ou un souci banal des convenances qui les a fait venir, mais un immense sentiment de gratitude, un irrésistible élan de pieuse affection.
On ne pouvait voir sans émotion ces milliers d'enfants garder un maintien parfait , et s'avancer , tête nue , tristes ,
mais tout à la prière qui leur montait du cœur aux lèvres. Xi le froid, ni la foule ne pouvaient les distraire de la pensée du bonheur éternel de leur Père bien-aimé.