‹ Don BoscoChapitre 150 sur 152 · FUNÉRAILLES OU TRIOMPHE · texte numérisé non relu

FUNÉRAILLES OU TRIOMPHE

Le second mot seul rend convenablement l'impression de tous. Sans doute, on conduisait à sa dernière demeure la dépouille mortelle de Don Bosco ; mais il était plus vivant que jamais dans la vénération de la multitude, dans cet hommage universel rendu à sa mémoire, dans la grandeur des Institutions nées de son amour pour les pauvres et les petits.

Ce mort ne disparaît point : il demeure parmi nous et aura un regain de vie dans les milliers de prêtres, de religieuses, d'enfants, d'ouvriers qui perpétueront les traditions de ses douces et fortes vertus, que la sève de l'Évangile a toujours honorées et fait grandir.

Les chants funèbres n'avaient point cette cadence qui serre le cœur et appelle les larmes ; la mélodie sacrée jetait dans l'âme la persuasion consolante et ferme que Dieu avait déjà récompensé son serviteur. Et ces impressions étaient celles de tous.

Un étranger , attiré par la foule , demande à un prêtre Salésien :

— Qu'est-ce donc qui a rassemblé tout ce monde?

— Les obsèques d'Un prêtre.

— Obsèques, dites-vous? Mais c'est une apothéose!

— Il ne m'appartenait pas de l'exprimer; mais c'est aussi ma pensée.

Une scène gracieusement touchante a ému tous ceux qui ont pu en jouir. On était arrivé devant l'hospice Cottolengo. rue niche pratiquée dans la façade contient un très beau groupe qui résume la vie entière du saint ami des malades •abandonnés.

Debout, Cottolengo jette un regard de divine compassion sur un vieillard et un enfant, tous deux infirmes, et à genoux près de lui, dans l'attitude de la supplication ; mais ce regard n'est pas l'expression d'une tendresse purement philanthropique: le Vénérable, qui tend une main aux deux malheureux , de l'autre leur montre le ciel, où ceux qui souffrent chrétiennement ont leur place assurée.

Tout à fait au-dessous de cette niche, on voit deux fenêtres éclairant une salle pour les enfants malades.

Au moment où le cercueil s'arrêtait précisément devant la statue de Cottolengo, les deux fenêtres se remplirent de têtes mignonnes, se pressant et s'agitant pour connaître la cause de cette afliuence inaccoutumée.

La vie que dégageait ce tableau d'un charme ineffable sembla passer dans le marbre et lui prêter le mouvement ; et on ne peut point oublier ce spectacle de Cottolengo montrant le ciel à Don Bosco, qui , après lui et à son exemple , avait poussé le sublime cri de l'amour en Dieu : Charitas Christi urget nos.

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