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QUI FAUT-IL REMERCIER

En janvier 1885 , un incendie détruisit presque complètement l'atelier de reliure de l'Oratoire de Turin. Les pertes furent considérables. On dut songer aux moyens d'occuper, le plus tôt possible, les enfants ; mais, pour relever l'atelier d'une façon strictement suffisante, il fallait environ dix mille francs.

Cette estimation était faite depuis quelques heures à peine, quand on remet à Don Bosco une lettre chargée venant de France: elle contenait dix billets de mille francs, sans un seul mot d'explication. On n'a jamais pu connaître le nom du généreux bienfaiteur.

Le premier janvier 1886, à l'Oratoire de Turin, les étudiants de la quatrième et cinquième classe , au nombre de quatre-vingts environ , vinrent présenter leurs hommages et exprimer leurs vœux de bonne année à leur Père Don Bosco.

Celui-ci , déjà souffrant , les reçut avec une tendresse d'autant plus grande que, par leur bonne conduite, ils étaient l'honneur et la joie de la maison.

— Mes enfants, je voudrais bien pouvoir vous donner quelque chose!

Et le bon Père cherchait autour de lui, lorsqu'il avisa, sur sa table, un petit sac de papier qui contenait des noisettes.

Il se mit immédiatement à y puiser à

pleine main, et il en donna une grande poignée à l'étudiant placé le plus près de lui.

Les autres se mirent à sourire: il était évident que, s'il procédait avec une pareille largesse , il ne pouvait y avoir de noisettes que pour trois ou quatre d'entre eux.

Mais , à leur grande surprise , la distribution continua, et tous en reçurent autant que pouvaient en contenir leurs deux mains réunies.

Lorsque tout le monde fut pourvu, on fit observer à Don Bosco que trois ou quatre des élèves étaient absents , et qu'ils regretteraient bien de ne pas avoir leur part. Immédiatement il plongea de nouveau sa main dans le sac, et en tira plusieurs petites poignées de noisettes.

Un de ceux qui avait assisté à cette étrange scène, racontait ensuite:

— Je ne sais où il a pu aller les pêcher, le sac était absolument vide!

Ce fait n'est pas unique. Don Bosco a avoué que pareille chose lui était déjà arrivée.

— Un jour, dit-il , on avait fait cuire quelques marrons dans une assez petite mar-

mite. Il arriva que les enfants qui en demandèrent étaient bien nombreux, une centaine peut-être ! et tous en ont eu une portion suffisante.

Puis, après un instant, son visage étant devenu plus sérieux, il ajouta:

— Une autre fois, il n'y avait que trois hosties dans le ciboire. Cependant j'ai pu donner la communion à toutes les personnes qui se présentèrent à la sainte table... et il y en eut beaucoup!

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