‹ Don BoscoChapitre 91 sur 152 · PRÊTRE ! JAMAIS. ETC · texte numérisé non relu

PRÊTRE ! JAMAIS. ETC

Prêtre! jamais.

Qu'il meure plutôt!

Il y a quatre ans, une dame de l'aristocratie turinaise , accompagnée de son plus jeune fils , vint trouver Don Bosco. C'était une visite d'amitié. La famille était réputée pieuse, et non sans raison, puisque son chef, chargé d'affaires du (xouverneinent piémontais, était rentré volontairement dans la vie privée, après la brèche de la Porte Pie.

Don Bosco, avec sa bonté ordinaire, demanda des nouvelles de toute la famille, et finit par dire : — Et qu'allez-vous faire , Madame, de votre fils aîné %

— Il suivra la carrière diplomatique , comme son père.

— Bien. Et le second?

D'Espinby — Bon Bosco. £4:

370 prêtre! jamais, etc.

— Oli ! Don Bosco, celui-là est à l'école militaire ; il travaille pour devenir général, et il serait le premier de notre famille à ne pas réussir.

— A merveille! Et celui-ci? — D. Bosco désignait le petit garçon qui accompagnait sa mère. — Celui-ci, nous le ferons prêtre , n'est-ce pas?

A ce mot de prêtre , la noble visiteuse , atterrée, demeura un instant sans voix; puis, comme ranimée par la fureur , elle s'écria avec une énergie presque sauvage : — Prêtre! /((mais. Qu'il meure plutôt/

Don Bosco , profondément attristé par cette réponse, essaye de ramener la pauvre femme à de meilleurs sentiments ; il lui fait observer, avec douceur, que ce mot, prononcé par lui, n'est pas une sentence. Peine perdue! La malheureuse mère répète l'affreuse imprécation, et se retire bouleversée.

Huit jours après, Don Bosco la voit reparaître, toute tremblante cette fois, et baignée de larmes: — Don Bosco, venez, venez

vite bénir mon enfant celui que je vous

ai amené il se meurt!

On arrive dans la cliambre du petit moribond , qui prend la main de D. Bosco et

prêtre! jamais, etc. 371

la baise avec respect. Les médecins se trouvaient réunis pour une consultation ; ils déclarent ignorer la nature du mal qui emporte l'enfant.

Le jeune malade a tout entendu. Il appelle sa mère, et lui dit d'une voix faible, mais distincte: — Mère, je sais, moi, pourquoi je meurs : c'est votre parole qui me tue.

Rappelez-vous chez Don Bosco ! Pauvre

mère, vous avez préféré me voir mort, plutôt que de me donner à Dieu, et le Bon Dieu me prend.

Don Bosco ne put que préparer la famille à accepter la dure épreuve. Il promit de faire prier ses enfants , et se retira profondément ému.

On ne tarda pas à venir lui apprendre que la leçon divine était complète : l'enfant était mort.

Don Bosco, au cours de son voyage annuel sur le littoral, se trouvait à Marseille, en 1885. Il avait promis de dire la messe dans une église de la ville, et de faire ensuite une conférence aux Coopérateurs.

Le jour dit, à l'heure de la messe, il n'était pas encore sorti de sa chambre. Son .secrétaire, n'y tenant plus, entre, et lui annonce que l'heure est passée, et que l'église est pleine.

— J'ai une violente migraine , répond Don Bosco; je suis incapable de me lever... à moins que tu ne consentes à te charger de mon mal? Alors, peut-être !

— Oh ! qu'à cela ne tienne ! Bien volontiers. Passez-moi tout ce que vous voudrez, mais levez-vous.

Et le secrétaire se sauve, en riant.

Il était à peine dans sa chambre , qu'il doit s'appuyer au mur, pour ne pas tomber. Il lui semble que sa tête est serrée dans un étau, tant la douleur qui l'envahit est atroce. Il a toutes les peines du monde à gagner son lit, sur lequel il s'étend, sans avoir trop conscience de ce qui l'y tenait cloué.

Don Bosco, lui, délivré au même instant, passa la matinée à l'église. De retour à la maison , il apprend que son secrétaire est dans un état pénible par suite d'une forte migraine.

Il va trouver le malade, toujours au lit, lui donne sa bénédiction , puis lui dit : — Maintenant, lève-toi.

Le mal disparut aussitôt, et le secrétaire put reprendre ses occupations.

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