DE DON CARLOS
cherchant ma patrie dans ses souvenirs et dans son histoire. J’ai cherché Charles-Quint à Tunis, Cisneros et Cervantes à Alger ; au Mexique, Grisalva et Hernan Cortez, qui unissait à la souplesse politique l’énergie virile du cœur. J’ai salué dans le Pacifique les noms de Balboa, Pizarro et Almagro, et partout j’ai prié aux saints autels élevés par nos sublimes missionnaires.
Après avoir traversé les glaces de la Norwége et de la Russie, les sables de l’Afrique, je suis allé saluer le souvenir de l’antiquité dans la mystérieuse Egypte, dans les Indes, me rappelant, dans la première, le voyage prodigieux de Benjamin de Tudela, et me trouvant à plusieurs des endroits visités par Alcano dans les secondes.
Vous connaissez tous les détails de mon dernier voyage : je n’évoque pas leur souvenir. Ils sont vivants dans votre beau livre, rehaussés par vos connaissances et par le charme de votre style.
Habitué a vous raconter en détail mes voyages, je suis peut-être un peu long dans cette lettre ; mais vous avez réveillé mes souvenirs dans les premières pages de votre livre, quand vous y mêlez, avec des noms espagnols et les gloires de ma patrie, l’histoire de ma famille, celle de ma branche, l’aînée des Bourbons, la fille royale de la France monarchique.
Le but que je me suis proposé, en prenant la plume,