‹ Don Carlos dans les IndesChapitre 38 sur 58 · Et Adam dit · texte numérisé non relu

Et Adam dit

Voilà maintenant l’os de mes os, et la chair de ma chair ; elle sera appelée Virago, parce qu’elle a été tirée de l’homme...

11 n’y a pas lieu de s’étonner que Manou ait représenté le premier homme comme ayant été d’abord androgyne, mâle et femelle;

certains hérétiques ont interprété de la même façon les paroles de Moïse, lesquelles, à première vue, se prêtent facilement à cette interprétation.

Il existe, dans l’hypogée ou temple souterrain de l’île d’Éléphanta, près de Bombay, des représentations de la création du premier homme, telle qu’elle est rapportée par Manou. Ce temple est divisé en cinq nefs parallèles creusées dans le roc même qui sert de noyau à la montagne dont l’île est formée ; ces nefs sont divisées entre elles par des rangs de piliers massifs et sculptés, qui font partie du même roc et adhèrent également au pavé et au plafond. Au fond de la nef centrale, on voit une gigantesque figure du Trimurti, sculptée en relief dans la paroi du roc : Brahma, le créateur, est au milieu ; Vishnu, le conservateur, est à droite ; Siva, le destructeur, est à gauche ; chacun est reconnaissable à certaines marques distinctives. A droite du Trimurti, au fond de la deuxième nef, dans un large panneau creusé dans le roc, se voit une grande figure humaine de plain-pied, moitié mâle et moitié femelle, c’est-à-dire présentant du côté droit tous les caractères

de riiomme, et du côté gauche tous ceux de la femme. Cette figure représente le premier homme androgyne, sous le nom de Virâdj. A droite du Virâdj, et un peu au-dessus, se tient Brahma aux quatre visages, assis, les jambes croisées, sur une fleur de lotus; à gauche est Vishnu, assis sur l’aigle Garuda. Auprès de Brahma, on reconnaît Indra et Indrâni sur leur éléphant, et au-dessous une figure de femme tenant un disque. De l’autre côté du Trimurti, au fond de la seconde nef de gauche, dans un panneau semblable, on retrouve l’homme et la femme séparés et formant deux personnes distinctes ; entre eux et au-dessus de leurs épaules s’élève la tête déployée d’un serpent capel ou serpent à lunettes, tenant dans sa gueule un fruit semblable à une orange ou à une pomme de grenade (1).

l.'Upanischada^ que nous avons déjà cité, rappelle la même tradition et nomme le premier homme Adima. (( Se trouvant seul, dit- (( il, Adima ne ressentait aucune joie... 11 « souhaita l’existence d’un autre que lui, et,

(1) Ces sculptures ne paraissent pas remonter au delà du dixième siècle de l’ère chrétienne.

(( tout à coup, il se trouva comme un homme « et une femme unis run à rautre. Alors il (( fit que son propre être se divisât en deux, (( et il devint homme et femme. » La première femme est nommée Pakriti^ qui peut se traduire par procréée^ comme VEva des Héljreux par vivifiée.

LE PARADIS TERRESTRE L’arbre de vie., la faute du premier homme.

(( Brahma, ayant créé le premier homme, (( le plaça dans un heu de délices appelé (( Chorca fSwarga), rempli d’arbres et de « fruits. On y voyait même un arbre dont les (( fruits avaient la vertu de donner Timmor- (( talité. Les dieux inférieurs, n’ayant pas le (( privilège de l’immortalité, tentèrent toutes (( sortes de moyens pour l’acquérir. A la fin, c( ils s’avisèrent d’avoir recours à l’arbre de « vie, qui était dans le Chorca. Ce moyen leur (( réussit, et, en mangeant de temps en temps (( du fruit de cet arbre, ils se conservèrent le

(( précieux trésor qu’ils avaient tant d’intérêt (( à ne pas perdre. Mais un fameux serpent, .(( nommé ïchéia, s’aperçut que l’arbre de vie (( avait été découvert par les dieux du second (( ordre. Gomme apparemment on avait con- (( fié à ses soins la garde de cet arbre, il con- (( eut une si grande colère de la surprise qui (( lui avait été faite, qu’il répandit sur le (( champ une grande quantité de poison, (c Toute la terre s’en ressentit, et pas un (( homme ne devait échapper aux atteintes (( de ce poison mortel. Mais le dieu Siva eut (( pitié de la nature humaine ; il parut sous « la forme d’un homme et avala sans façon « tout le venin dont le malicieux serpent (( avait infecté l’univers » (Lettre du père Bouchet à Tévêque d’Avranches. Lettres édifiantes^ tome XI).

Le même père Bouchet pense encore que le respect que les Indiens ont pour certains neuves, et surtout pour le Gange, vient de ce qu’ils ont entendu raconter des fleuves du paradis terrestre. Ils disent que le Gange traverse un jardin délicieux qui produit des fruits exquis, lesquels ont la vertu d’ajouter un siècle à la vie de ceux qui en mangent [ihidené.

\jQ Riy-Véda mentionne quelquefois quatre fleuves sacrés, et quelquefois sept. D’autres livres indiens placent le paradis au sommet du mont Méru. Enfin, plusieurs commentateurs de la Bible ont pensé que le paradis terrestre se trouvait au sommet de rHimalaya, à l’endroit qui est occupé aujourd’hui par le lac Manasarovara, et que les quatre fleuves cités par la Genèse sont : l’Oxus, appelé aussi Djihoun. qui coule vers le nord ; l’Indus, qui se dirige d’abord vers l’ouest; le Brahmaputre, qui prend d’abord sa course vers l’cst ; et le Gange, qui descend au sud. Le laoManasarovara dac de splendeur) était aussi considéré par les Indiens comme la source commune du Gange et du Brahmaputre. Mais il n’en est point ainsi ; il est vrai seulement que les quatre fleuves mentionnés ci-dessus ont leur source au pied de rimmense plateau sur le sommet duquel s’étend ce lac.

lÆS DIX PREMIERS PATRIARCHES.

Les géants; durée de la vie humaine dans le prèmier âge.

Moïse.

D’Adam à Noé (en les comprenant euxmêmes), il y eut dix patriarches : Adam , Seth, Enos, Gaïnan, MalaléeiJarèd, Enoch, Mathusalem, Lamech, Noé.

G en., ch. 17, v. !.. .

Les hommes ayant commencé à se multijdier, et ayant engendré des hiles, les en-

Manou.

Liv. /, V. 34. C’est moi (Manou) qui, désirant donner naissance au genre humain, ai produit d’abord dix saints éminents [Maharichis ) , seigneurs des créatures, savoir :

33. Maritchi, Atri, Anghiras , Pulastya , Pulaha, Kratu, Pratchéla ou Daksha, Vasichta, Rhrigu et Narada.

Ces êtres tout-puissants créèrent sept autres Manous,lesdieux, leurs demeures...

Genèse,

fants de Dieu, voyant que les filles des hommes étaient belles, les prirent pourépouses...

4. Il y avait des géants sur la terre en ce temps-là ; car , après que les fils de Dieu eurent épousé les filles des hommes, il en naquit des enfants qui furent des hommes puissants et fameux dans ce siècle...

Les premiers hommes,d’après la Genèse, vivaient plusieurs centaines d’années. Mais Dieu, voyant la corruption effroyable produite par l’union des fils de Seth avec les filles de Caïn , dit :

Mon esprit (l’esprit de

Manon.

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