‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 125 sur 131 · FUNÉRAILLES DE DON' CARLOS · texte numérisé non relu

FUNÉRAILLES DE DON' CARLOS

Ce dénoùment était prévu : ce fut sans suçprise que la cour apprit la mort prématurée du fils de fant de rois. Les courtisans aussi bien que les ambassadeurs s’attendaient de jour en jour à recevoir cette nouvelle, sachant que l’état de santé de l'infant ne permettait pas d’espérer sa vie, et accoutumés par son arrestation au spectacle du brusque revirement des fortunes humaines. L’emprisonnement du prince avait déjà imposé aux âmes ces impressions austères, et ainsi se trouva diminué le retentisment de sa mort. L’événement du 18 janvier, inattendu, terrible, foudroyant, était la vraie calamité : celui du 24 juillet était pour don Carlos une délivrance.

Le 25 juillet, le corps fut porté à l’église de Saint-Dominique, où il devait attendre une prochaine translation à l'Escurial 1 . Don Carlos était revêtu, suivant le désir qu’il avait exprimé de son vivant, de l’habit des religieux franciscains, et sa tête était coiffée de la capuche des frères prêcheurs*. La figure était découverte, quoi qu’on en ait

mano... edi là a un pezzo dimandù di ntiovo clic ora cru. e pli fu detlo ch’ era passaln mezza notte, e egii disse : « Or’ è il tempo, » c si fecc dar iu mano una candela benedita, c vollandosi al confessore... egli disse: « Pudre, aiutatcmi, » e con alcune parole che se non potevano ben intendere... parve perù a quelli cil’ egli erano soprn che dicessc : « Deus, a propi li us eslo milti peccalori, » battendosi il petto... spiiô con molta tranquillité e costanza. » Dépêches manuscr. du nonce, 7 juillet. — « Fué su muerle con tanto conociinicnto de Dios y arrepentimiento que lia sido d todos de gran sa tis lardon y consuelo para el dolor y Idslimn que consigo trac este caso. » Helacion, etc. Ms. déjà cité.

* « Son corps fui, hier au soir, déposité en l'église de Saint-Dominique le Itéal pour le porter quelque jour à l’Escurial. » Dépêches manuscr. do Forqucvoulx, 20 juillet 1D08.

a s Essendogli stalo portato sul lello 1’ habito di Santo Francisco e di più un capuccio di Santo Dominico, con li quali hnbili cgli haveva di-

dit : « Je luy ay veu le visaige, raconte expressément Forquevaulx, lequel n'estoit aucunement défaict de la maladie, sinon qu'il estoil un peu jaune, mais j’entends qu’il n’avoit que les ossements par le surplus du corps 1 . » Jusqu’à la sortie du palais, le cadavre, élendu sur un brancard, fut porté sur les épaules du comte de Ferme, de don Juan Borgia et des autres seigneurs qui avaient clé les gardiens du prince en piison. A la porte du palais» il fut reçu par les grands d'Espagne qui se trouvaient à la cour, et porté par eux jusqu’à l’église*. Les princes de Bohême, les ministres, le nonce, les ambassadeurs, tous en grand deuil, « avec le chapeau à l’espaignollc 5 , » les évêques de Cuença et de rampelune, et une innombrable multitude, lui faisaient cortège \ Le roi, qui, .conformément à l’étiquette, ne pouvait se rendre à l’église, assista de sa fenêtre au départ de cette lugubre proces-

mandato con molta instanza d’esser sepelito como fu. » Dépêches man. du nonce, ‘27 juillet.

1 Dépêches manuscr. de Forquevaulx, ‘27 juillet.

s « Llevarénle en ombros el conde de Lerma, don Juan de Borgia y los conipaùeros que le guurdabun, aunque da palacio le sacaron los grandes... lue en el acompanamieuto la grandeza de la corlc. » Cabrera, loco rit. — « Essendo porlato sempre dagli grandi di Spagna, duchi, marchesi, conti e altri che si trovano alla corte. » Dépêches manuscr. du nonce, 27 juillet 1568.

s « Les ambassadeurs ont été appelés à l'enterrement, et niov comme les aultres, avec le grand deuil et chaperon à l’espaignolle. » Dépêches manuscr. de Forquevaulx, 26 juillet.

4 a Les princes de Bohesme alloient après le corps. » Dépêches man. de Forquevaulx, 26 juillet. — « Fu accompagnalo dni principi di Boemia andando il maggiore in mezzo de l’altro fraîello e del cardinal présidente, c dopo loro seguilando il nunzio. » Dépêches manuscr. du nonce, 27 juillet. — a Fué en el acompananiiento cl nuncio, los obispos de

EXÉCUTEURS TESTAMES i'AlKtS DE L’JNI AXT. 501

sion 1 . Il parut fortement ému, et quatre jours après il se retirait, selon la coutume de la famille rovale dans les grandes épreuves, au monastère de Saint Jérôme *.

Don Carlos laissait un testament, dicté par lui en 1 56 i, à son secrétaire Gaztelu, et avant de mourir, il avait exprimé au P. Diego de Chaves, son confesseur, le désir de léguer quelques objets de prix à diverses personnes, comme souvenir. Il nommait pour exécuteurs testamentaires don Fernand Yaldés, archevêque de Séville, grand inquisiteur*; Onorato Juan, évêque d'Osma, son maître*; don Cristobal de Rojas, évêque de Cordoue 4 ; don P. de Léon, évêque de Placcncia®; don P. Gasca, évêque de Cigiiença 7 ; Ruy Gomez de Silva, prince d’Eboli, son majordome ®; don J. deEigueroa, président des ordres; don Luis Quijado, son premier écuyer; Hernan Suarez, son

Cuença y Pamplona y el lillimo el car.lenal Espinosa en mcdio de los principes de Boemia, primos dcl difunlo. » Cabrera, loco cil.

* a Con la enlereza de ânimo que manluvo siempre compueslo, desde una ventana. » Cabrera, loco cil .

* Il y resta jusqu'au 15 aoûl. Le 14 eut lieu un service funèbre solennel où prêcha Fr. Juan de Tobar, prieur du couvent des religieux dominicains d’Alocha. (Voy. Llorcnte, loco cil.)

3 II ne mourut qu’après don Carlos, eu décembre 1568.

* Il vivaiL encore à l’époque du testament (1564).

* Parent du premier des majordomes île l’infant, don Antonio do Rojas.

6 C’était lui qui avait assisté Valdés dans l’auto-da-fé de 1559, à Valla— dolid, raconté plus haut.

7 II y a sans doute erreur; l’évêque de Cigüença était le cardinal Espinosa.

8 Le testament était fait avant leur rupture, qui n’eut lieu, comme nous l’avons vu plus haut, qu’en 1567. En 1504, Ruy Gomez jouissait au contraiiede toute In confiance de l’infant.

alcade de cour; le sccrélaireEraso, et autres personnages moins connus 1 .

Dans son testament, après avoir solennellement proteste de son inviolable attachement à la foi catholique, il réglait divers détails de ses funérailles, entre autres son ensevelissement sous le froc des frères mineurs, et ce vœu fut réalisé. Il ne voulait que vingt-quatre flambeaux et quarante-huit cierges autour de son cercueil, et fixait à dix mille le nombre des messes qui devaient être dites pour le salut de son àmc. Il insistait pour la prompte canonisation du bienheureux Diègue. Mille ducats ont dû être employés à racheter des captifs, si le roi fit exécuter fidèlement toutes ces dernières volontés de son fils. J ignore s’il y fut très-exact, car Philippe II était parcimonieux, et le prince déclare, n’ayant pas de forlunc personnelle, s'en remettre à son père pour l'acquittement de ces divers legs. J’hésite à croire également que le vœu exprimé au vingtième paragraphe put être exaucé : don Carlos y ordonne la fondation d’un monastère de franciscains, et, descendant aux plus minces détails, fixe ainsi qu’il suit la nourriture du couvent : Chaque frère doit recevoir par jour deux livres de pain, une livre de mouton pour dincr, la moitié d’un poulet pour le souper*, etc. Il n’est pas vraisemblable que Philippe se soit

1 Arcli. Sim. Tesl. y codicilos reales, les. 2.

* « Que se enlierrc con el hàbilo de San Francisco... que solo se pongnn para lodo vciule y cuulro hachas y cunrenta y ochô \elas en ios dias de su entierro... que se le digan diez mil misas... que rc destinen mil ducadus para rescate de cuutivos... que se fundc un eolegio de lïailcs f ranebcanos... sennlmulo u cadn futile para su nlimento dos libres de pan diariits, una libre de carnero para conter y media gaUina para ccnnr. »

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