‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 124 sur 131 · DON CA PI .OS A I.’AGOMK · texte numérisé non relu

DON CA PI .OS A I.’AGOMK

dernier détail, qu’un seul historien nous a transmis : d'après ce récit, le roi aurait consulté le confesseur du prince, don Diègue de Chaves, et celui-ci se serait opposé à cette visite suprême, de peur que la présence de Philippe ne causât au mourant une émotion trop vive et ne troublât le calme nécessaire à la dignité de cette mort. Don Carlos, en effet, n’avait pas vu son père depuis la nuit du 22 janvier. Le roi aurait accepté celte décision, et aurait chargé le prieur don Antonio et Ruy Gomez de lui porter de sa part sa dernière bénédiction *. Quoi qu'il en soit de cette anecdote, il est plus certain que le prince, sur son lit de mort, fit envoyer à son père l'expression de son repentir, lui lit demander sa bénédiction paternelle et recommander ses amis et ses serviteurs *.

Il avait souhaité recevoir la communion, mais, quoi qu’en disent plusieurs historiens, ses vomissements continuels forcèrent le confesseur à la lui refuser. Il dut se borner à adorer l’hostie qui lui fut présentée*. Enfin celte

1 « Consultado con su confesor, Fr. Diego de Chaves. » Cabrera, loco cil. Cabrera et Van den Hammcn, son copiste, ajoutent : « le maître de S. A., Onorato Juan, évêque de Carthagêne. » Nouvelle erreur. Onoralo Juan était mort depuis deux ans. — « Esta ha dispueslo bien para morir como tan catélico y le podria inquietar la visla de su padre... y asi entre los ombros del prior don Antonio y de Ruy Gomez le eché su bendicion. » Cabrera, ibid.

î « Dimandù perdono al re dell’offese lalteli e la sua benedizione, facendogli recomandare con molta alfelione e carilà la sua i'amiglia . Il re non l’ lia visitato. » Dépêches manuscr. du nonce, 27 juillet.

5 « Non potendosegli dare il sanlo sacramento per il continuo vomilo, l’adoré con molta umiltà, mo-trando gratidissima conlritione. » Ibid.

lente agonie touchait à son terme : pendant la nuit qui précéda la vigile de Saint-Jacques (23 juillet), l'infant interrompit tout à coup les prières qu’on répétait autour de lui et demanda l’heure. On lui répondit qu’il n'était pas encore minuit. Il se tut, continua d’adorer le crucifix qu’il tenait à la main, et pendant quelques instants on n’entendit plus dans la chambre que la voix du prêtre qui lisait les paroles saintes. Le médecin s’était retiré; il n’y avait auprès du prince agonisant que les gentilshommes de service et le P. Diego de Cliavcs. Don Carlos se souleva de nouveau quelques minutes plus tard et une seconde fois demanda l’heure. Le jour qui devait être le dernier de sa triste vie avait commencé : il était plus de minuit. I/infant, recevant cette réponse, murmura : « Il est temps. » Comme son aïeul Charles-Quint, qui, dix ans auparavant, à l’instant suprême, avait prononcé les mêmes paroles, don Carlos se sentait mourir *. 11 ordonna qu’on lui mît un cierge dans la main, et s’adressant à son confesseur, d’une voix faible et émue par les angoisses dernières : « Aidez-moi, mon père, » dit-il; il ajouta, en se frappant la poitrine, quelques paroles qui devinrent de plus en plus confuses. On crut cependant entendre ces mots de la liturgie catholique : « Dc//s, propitius esto mihi pcccalori. » Ils se confondirent avec son dernier souffle : quelques secondes après il expira. Il avait vingt-trois ans six mois et seize jours * (24 juillet 1568).

1 Lellre de Luis Quijada à Vasqucz. Ms. cité pur Prescott.

* « Nel cual tempo dimundù clic ora cia, c gli lu risposto elle cru ciivn mezza uolle, etegli lutlnvia seguilava di adorarc un crocifisso clic aveva in

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