NOUVEL AUTO-DA-FK (8 OCTOBRE
réclament. Dans le but d’accomplir ces devoirs pressants et de porter à diverses choses le remède qu elles exigent, j’ai cru devoir ne pas différer davantage mon retour 1 . » Le 6 septembre, il débarquait à Laredo, dans le golfe de Gascogne; et, peu de jours après, il arrivait à Valladolid. Il offrit à son fds, comme cadeau de bienvenue, le collier de la Toison d’or 4 , et pour témoigner à l’inquisition ses sentiments de royale bienveillance, donna ordre de hâter, en sa faveur, l’auto-da-fé qu elle avait annoncé. Cette nouvelle exécution eut lieu le 8 octobre, sur la même place où avait eu lieu celle du 21 mai 5 . Les principales victimes, cette fois, furent le fameux Carlos de Sesa, un frère de Caçalla et un domestique de cet hérésiarque, nommé Juan Sanchez. Tous moururent sans se rétracter, avec un indomptable courage 1 .
Ce devoir accompli, Philippe II reprit la direction des affaires politiques de la Péninsule, et en même temps son-
1 « En suslancia es hnber muy grnn neecsidnd de mi prescncia en
nquellos rcynos, a?î por liaber tantos aiïos que yo estoy ausente dcllos,
conio por haber sucedido en esle tiempo la muerte dcl Empcrador y
por olros négocies muy importantes y fbrzosos que se ofrecen, de mènera que por cumplir con lo que soy obligado... y acudir a proveer y rcmediar muebas cosas que lo ban menester, me lia parecido no dilatarlo mas.» (Extrait de la correspondance entre Ferdinand et Philippe II, qui se trouve dans la bibliothèque du duc d'Osufia). Doc. inéd., II.
a II en existe un reçu avec la signature autographe du prince à Simancas [Contadurias generales, primera época, 1051).
3 « Dcluvo algunos dias en Valladolid... mandé que se hieicsc en su prcsencia otro auto piiblico de la inquisicion para castigo de los presos que quedaron en la eârcel. Hizôse en cl mismo lugar û 8 dias del mes de otubre. » Illcscas, llist pontif., déjà citée.
4 « Dcxâronse quemar vivos con estrana perlinacia don Carlos de
Sesay Juan Sanchez, criado que avia sido de Caçalla... murié aquî tambien otro hermano del mismo doclor.» lllescas, ffist. pontif., déjà citée.
gca à tout préparer en Espagne pour la célébration définitive de son mariage. 11 laut ici reprendre les événements de plus haut.
Philippe revenait des Flandres triomphant : ses lieutenants, vainqueurs à Saint-Quentin et à Gravelines (1557 et 1558), avaient brillamment inauguré son règne, et sa diplomatie lui avait ménagé le traité de Cateau-Cambrésis. A la suite de ce traité, et dans le but de resserrer l’alliance des maisons de France et d’Autriche, les deux puissances contractantes avaient fiancé Elisabeth, fille de Henri II, au jeune don Carlos. Au moment où l’on commençait à négocier cette union, Philippe espérait épouser Elisabeth d’Angleterre. Mais celle-ci , jalouse de son autorité, redoutait de se donner un maître. D'ailleurs, l’exemple de sa sœur Marie lui avait fait comprendre clairement quel était, sur cette question, le sentiment de l’Angleterre : elle avait vu avec quelle répugnance le peuple et même la cour avaient accepté l’influence d’un prince espagnol dans le gouvernement de l’État et jusqu’à sa présence à Londres 1 ; le souvenir des troubles suscités par la prédominance des idées politiques et religieuses représentées par Philippe II était présent à son esprit. Décidée à suivre, sans contrôle, une ligne de conduite diamétralement contraire à celle que Marie Tudor avait adoptée, elle ne pouvait envisager soit une lutte de tous les jours contre un époux impérieux dont elle
1 « Siccome fu con alterazion grande degli animi populari d’In-
ghilterra corne quelli clie in generale si trovavano mal' affetti verso la buonn religione. » Campann, II* p., lib. VI, p. 100. — Voy. aussi I’rescolt, I, 11