CHAPITRE PREMIER
NAISSANCE DE DON CARLOS. — SON ÉDUCATION. — SES MAITRES * SA PREMIÈRE ENFANCE
LAUTO-PA-FÉ DU 21 MAI lîw9 A VAl.LADOUD
Le 12 novembre 1542, Philippe, prince d’Espagne, épousait à Salamanque sa cousine germaine Marie, fille de Jean III, roi de Portugal et de Catherine, quatrième sœur de Charles-Quint. Les fêtes données à l’occasion de ce mariage furent splendides, et durèrent pendant toute une semaine. L’historien des reines catholiques, Florès, décrit ces réjouissances avec enthousiasme *. « La fleur de la beauté castillane brilla dans les salons, dit Prescott, qui raconte aussi fort longuement ces merveilles ; la plus fière aristocratie de l’Europe lutta de magni-
1 Flores, licinas catolicas. II. 88ô cl suiv
ficence. aux banquets et aux tournois \ » Le 19 novembre, les jeunes époux parlaient pour Valladolid, résidence accoutumée des rois d’Espagne à cette époque. L’infante ne devint enceinte que deux ans plus tard, et le 9 juillet 1545, Philippe écrivait à son père : « Hier, à minuit, Noire-Seigneur a bien voulu délivrer la princesse : elle est heureusement accouchée d’un fils, et bien que l’enfantement ait été laborieux, puisqu’il a duré près de deux jours, elle est demeurée en bonne santé. Plaise à Dieu que son état continue d’être tel que je le désire 2 . » Malheureusement, les nouvelles que le prince d’Espagne donnait de l’infante à Charles-Quint reçurent trois jours plus tard un cruel démenti. La jeune mère, épuisée par les fatigues de l'enfantement, mourut le 12 juillet. Le 16, le grand commandeur de Castille dut écrire cet événement à l’empereur, qui se trouvait alors dans les Pays-Bas. Le mois suivant, il envoyait à son souverain le récit des funérailles. « Elles se sont faites, disait-il, avec la solennité accoutumée et toutes les justes démonstrations d’une douleur si vivement ressentie par tout le royaume. Cette perte a été extrêmement sensible à tout le monde, et l’on a vu combien la princesse était aimée. Son Altesse (Philippe) s’est retirée au monastère d’Abrojo depuis le jour de la mort jusqu’à lundi dernier... On a été vivement touché en Portugal de la mort de la princesse; le roi et la reine
1 l’rescott, I, 55.
- «. Ayer â media uurhe plugo a N. S. alumbrarla cou bien de un bijo y aunque luvo cl parto trabajoso, porque dura terca de dos dias, ha quedado muy buena; plcgue a El que se le continue como yo lo deseo. » Arch. de Sim. Estado, legajo OU.