‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 23 sur 131 · LETTRE DE PHILIPPE II AU CORRÉGIDOR DE GIBRALTAR · texte numérisé non relu

LETTRE DE PHILIPPE II AU CORRÉGIDOR DE GIBRALTAR

et il écrivit aux corrégidors de Malaga, de Murcie et de Gibraltar pour savoir si la température de ces diverses villes pourrait dissiper la maladie de son fils, \oici la lettre, datée du 13 septembre 1561, qu'il envoya à Gibraltar : « Vous avez appris déjà combien est faible la santé du prince mon (ils, et combien il y a de temps (pic la lièvre quarte lui dure. Il en est si débile et si fatigué, qu il a paru bon aux médecins de le faire changer d’air; quelque ville de la côte paraîtrait convenable, car la douceur du climat pourrait le soulager et même le guérir. J’ai, comme père, le plus vif désir de le voir bien portant et délivré de cette maladie, et je veux l’envoyer en un pays où sc joigne l’agrément du lieu à la pureté du ciel 1 . » Il ordonna donc au corrégidor de Gibraltar, don Cristoval de Eraso (probablement parent du secrétaire de ce nom), défaire faire une enquête médicale sur la température de celte ville. Il s’étend avec complaisance sur les moindres détails: il veut savoir avec certitude, et cela sous la foi du serment, si l’air de Gibraltar est favorable aux fiévreux, si la santé générale y est bonne, s’il y a jamais eu des maladies contagieuses, et demande sur ces divers points une relation exacte et circonstanciée*. Don Crislo-

1 « Ya hibeis enfendido la poea salud que lieue cl principe mi hijo y quanto tiempo lin que le dura la cuarlana, lo cual le liene lan flaco y fali— gado que lia parecido â los médicos que debria mudar de aire, y que séria muy conveniente ir ;i alguna tibdnd de la costa de la mai*, porque cou la templanza dcl aire podria ser que se le alivie y quile dcl lodo, y porque yo tengo el deseo que debo como padre de vcrle sano y libre dcl trabujo que le da esta enreriiiedad, y querria rntirlio accrtar â enviarle â la parle dondc no solo ayudase para ello la (emplanza del ciclo, pero lambien la comodidad del lugar. » Arcli de Sim. Esl., Icg. 140.

a i Os encargo y maudo que liagais tomur information con juramenlo

DON CAltLOS ET i'WLlPPE II.

val se hâta de faire l'enquête : tous les témoins appelés vantèrent la parfaite salubrité de la ville, et surtout la propriété spéciale de l'air pour la guérison de la lièvre quarte 1 . Le corrégidor envoya au roi, dès le 21 du même mois, une longue note contenant ces détails, et une lettre où il affirmait, d’après ses observations personnelles, leur incontestable authenticité. 11 déclara qu’on voyait à Gibraltar nombre de gens très-âgés ; que la ville et ses alentours jouissaient d'une heureuse salubrité; qu’on n’y avait jamais vu que des maladies communes et faciles à guérir 2 . Son enquête et ses lettres n’en furent pas moins inutiles : Philippe II préféra aux cités de la côte Alcala de Hénarès, près de Madrid. Cette ville dont la situation est belle, l'air salubre, et dont l’université était alors célèbre, lui parut propre à recevoir un prince de seize ans, dont l’éducation n’était pas terminée encore, et qui pourrait, tout en soignant sa santé débile, compléter ses études dans une ville lettrée 3 .

Don Juan d’Autriche, Alexandre Farnèse, des préccp-

de los niédicos de esta cibdad de la bondad y propiedad délia para curarse enlcrmos de cuartana, y de como lin estado y esta agora de salud, y si lia liabido y hay enfermedades peligrosas ô contngiosas en clla, y habilla esta relaeion de todo muy distinta y porliculnr, me la envieis. » Même lettre.

1 « Los tesligos todos déclarai) la salubridad de aquella cibdad y lo â propdsilo que es para curarse alli las cuarlanas. » Note de l’archiviste de Simancas dans les Doc. inéd. , XXVI.

* « En cl liempo que yo aqui he residido, siempre as! lo lie visto... Y dondc hay hombres viejos, es pueblo de mueha salud este, y su termine y eu todo este obispado y asi estacomarca cou salud... no se ha visto no tan solamenle enlermcdades coutagiosas, ni rigurosas ni de sospeclut, pero de las corn unes y faciles de curar... 11a estado y esta muy sana. » Lettre de don Crisloval de Eraso au roi, Arch. Sim. Est., leg. 140.

5 Strada, loco cit. — Ferreras, IX, 428, etc.

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