‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 29 sur 131 · DDE DE PEDRO LA1NEZ · texte numérisé non relu

DDE DE PEDRO LA1NEZ

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d’annoncer des dispositions brillantes, beaucoup d’écrivains l'accablèrent de louanges. Déjà, en 1558, Juan Martin Cordero, dans son livre de las Medallas , annonçait <jue toutes les grandes qualités des empereurs Frédéric et Maximilien, de Philippe le Beau, de Charlcs-Quint et de Philippe 11 élaient réunies dans ce jeune prince, et qu’on pouvait présager, d'après des indices certains, qu'il leur serait bien supérieur encore 1 . Il écrivait ces lignes en même temps qu’Onorato Juan envoyait au roi la sombre lettre que j’ai citée. A Alcala, les poètes ne furent pas plus véridiques : le génie espagnol, ami de l’emphase et de l’hyperbole, se donna pleine carrière. Je lis dans le manuscrit d’un poète contemporain cette invocation boursouflée :

. « O prince ! bien digne des royaumes que le ciel a placés sous ton illustre main, seigneur de la majeure part de la terre, soutien universel de l’humanité, égal à ton noble père, à ton glorieux aïeul, dernier terme de la valeur souveraine, honneur des contrées que le soleil parcourt, etc. 5 »

1 « De lal mariera que quanto Frediqiic, emperador, y Maximiliano, y Philipo, su bisagüelo, y Carlos, suagüelo.y Phflipo, su pndre, han liecho, todo parecc que junlo se halle en él, segun las seùales que dello ha, y muestra que ha de haecr mucho mas. » Juan Cordero, Promptuario de las medallas de todus los mas insignes varones. Lyon, 1501 . Ms. en 1558.

8 « Principe, digno bien de quanlo el cielo

Puso debaxo de tu exeelsa mnno,

Seîior de la major parle del suelo,

Repnro universal del sur umano,

Igual al claro padre, y allô agüelo,

Término del valor mas soberano,

Iluslre onor de quanto el sol rodea,

Y fin de todo el bien que se desea, » etc.

Poesias de Pedro Lainez. Mss. R. 1. 8100, p. 81.

C elait avec cet enthousiasme qu’Àicala de Hénarès accueillait le prince qui venait chercher la santé dans scs murs; peut-être, en effet, l’air de cette ville eut-il agi sur l’état physique et moral de don Carlos; peut-être la vie studieuse et calme que menait l’infant eût-elle modifié son caractère et son esprit en apaisant sa surexcitation fiévreuse, si un accident imprévu n’eût interrompu le cours de ses études et abrégé son séjour dans Alcala.

Le prince habitait d’ordinaire, paraît-il, le palais de l’archevêque*, mais, soit qu’il eût logé quelque -temps au monastère des Franciscains, soit qu’il s’y fût rendu pour les offices, ce fut là que, le 10 avril 1562, il fit une chute qui mit sa vie en péril*. Il descendait un escalier trèsobscur et dont les marches étaient en mauvais état, lorsque, sur le cinquième degré avant le sol, il fit un faux pas, tomba, et sa tète heurta une porte fermée avec une telle violence qu’il resta évanoui sur le coup. On appela aussitôt son médecin ordinaire, Daza Chacon, qui a laissé de cet accident une relation manuscrite très-détaillée 3 . L’infant

' Ferreras, IX, 423.

2 llerrcra, Ilist. general, V, 143. « Rccibié tan gran hcrida en la cabeça en cl monasterio deSan Francisco. < Slrada, VII, 553. Colmcnares, lococit. Arcli. Sim., leg. 651. Lafuentc, XIII, loco cil. Lorenzo Van den Ilanimen, l'clipo cl Prudente, p. 162 et suivantes.

3 Je suis pour ce récit le.» deux relations de Daza Chacon et d’Olivarés (clics sont identiques, sauf quelques variantes «ans importance). Celle d'OIivarés se trouve dans les documents inédits. Celle de Daza Chacon dans Fourrage po-lliume de Morejon, intitulé Ilist. bibliogrà/ica de la mediciua espaiiula. On a émis sur celle maladie bien des assertions erronées :. les uns ont attribué la guérison du prince à André Vésale (Llorente, Ilist. de ta Inquisicion). Llorente est si bien informé, qu’il appelle Vésale llasili. La même opinion se trouve dans le Ms. faussement attribué à Ferez. li. I., 2502. Vésale, dans ce Ms., est désigné sous le nom de lirc-

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