‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 6 sur 131 · COMPOSITION DE LA MAISON DD PRINCE · texte numérisé non relu

COMPOSITION DE LA MAISON DD PRINCE

de OIarte\ J’ai cité ces divers noms que nous rencontrerons dans la suite; je passe sous silence, pour éviter une énumération désormais inutile, les autres officiers de la maison du prince : ils étaient en général de familles distinguées, et les plus dignes d’estime qu’on avait pu rencontrer*. D’après ceux que j’ai nommés, dont les documents vantent le caractère et le mérite, on voit avec quel soin avaient été choisis les hommes qui devaient diriger la conduite du prince, ou seulement vivre auprès de lui. L’intention du père et de l’aïeul est évidente, et Charles- Quint l’affirmait encore dans ses lettres à don Antonio de Rojas : « Je vous recommande spécialement, lui dit-il, de le tenir dans la retraite. » « J’écris à don Garcie, dit à son tour Philippe II, pour l’avertir de faire la plus grande attention à ceux qui approchent le prince 3 . »

Il était impossible à des hommes préoccupés des grands intérêts du monde et qui furent, l’un et l’autre, pendant les années décisives de l’enfance de don Carlos, éloignés de lui parles impérieux devoirs de la politique, de montrer un intérêt plus actif et plus tendre à l’enfant remis en des mains étrangères. Antonio de Rojas et

* Ortega de Bribiesca fui grand maître de la garde-robe jusqu’à sa mort, arrivée en décembre 1560, Osorio lui succéda dans celle charge et la conserva jusqu’en 15G3. Il fut alors remplacé par Lobon el Diego de Olarte, qui eurent l'un la garde-robe, l’autre les joyaux. On lira plus loin le bizarre épisode où figurent ces divers personnages.

* « Cosi ecccllente ogni uno nella sua facoltà quanto-al mondo si potevano trovare. » Ulloa, loco cil.

r ’ a Os cncargo mireis mucho por su recogimienlo. » Lettre de l’Empereur. du 10 janvier 1555, à Antonio de Rojas (Arch. de Sim. Est., leg. 509). — t Mire mucho lus que tralan y comunican con cl principe. » Lettre de Philippe II, du 31 mars 1559, à Onorato (citée par Kircher, loco cil

plus tard don Garcie de Tolède, Onoralo Juan, l’aumônier Osorio, durent envoyer fréquemment à Charles- Quint et à Philippe des nouvelles du prince, et l’Empereur, aussi bien que son (ils, répondaient exactement à ces lettres, en demandaient d’autres, et envoyaient, avec des ménagements qui témoignent de leur confiance, les plus prudents conseils à ces maîtres vigilants. Le peu de lettres qui restent de cette correspondance iont voir que ni les soins du gouvernement, ni ces grandes cérémonies où se déployait l’ostentation de la plus riche maison souveraine du siècle, çe pouvaient faire oublier à l’aïeul et au père le jeune héritier de leur immense monarchie. Philippe était parti pour l’Angleterre en juillet 1554. Moins de quatre mois après, le 4 novembre, au milieu même des soucis et des splendeurs qui suivirent son mariage avec Marie Tudor, il écrivait de Londres au précepteur de son fds : « J’ai reçu votre lettre du 25 août, et me suis réjouis d’apprendre que vous étiez en bonne santé et que vous aviez commencé vos lectures à l'infant. J’espère que vous les ferez avec tant de. discrétion et de jugement qu’il y trouvera plaisir et profit. Agissez toujours de la sorte et avertissez-moi exactement de toutes les circonstances qui se pourront présenter : je serai toujours satisfait de les apprendre. Je suis heureux de ce que vous me dites dans votre lettre : je reconnais là votre bonne volonté pour mon service 1 . » Par le

* « Vueslra caria de 25 de agosto lie recebido y holgado de cnlender que luvicfsedes salud y que huviessedes començado a leer al infante. Yo cs- Jiero que lu liacois con tanta discrccion y tan buena nianera que él venga

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