LENTEURS DU CABINET ESPAGNOL
ginaient voir venir la lettre attendue *, et Chanloney passait son temps à leur expliquer d'une façon assez peu claire et médiocrement plausible comment telle ou telle dépêche de sa main ne pouvait pas encore être arrivée en Espagne, par suite avoir été discutée et avoir obtenu de réponse*. Le parti français s’agitait à Vienne 5 , et l’ambassadeur, à bout de raisons, écrivait lettre sur lettre pour solliciter des instructions nouvelles. En vain Philippe avait-il imaginé de dire à l’envoyé de Vienne à Madrid qu’il attendait le retour du duc d’Albe, alors en France *, pour décider les choses, Maximilien n’avait que médiocrement accueilli cette excuse 5 . On avait d’ailleurs répandu à Vienne le bruit que la santé de don Carlos était meilleure 6 , que l’infant désirait vivement ce mariage et prenait grand plaisir à considérer un portrait
1 « La cmpcralriz holgô con la venida dcl correo ( rcciliicrn mucho mayor conlenlamienlo que, como S. M. esperaha, lenia alguna resoluciou en lo del casamicnlo y as! me lo pregunlô luego, creyendo que venia para este cfeclo. b Dépêche de Chantoney au roi-, 20 mai 1505, ibid.
s « Yo le mostré que por las datas de las carias que traia y el tiempo queyo liabia scriplo desdcaca, no podiau liaber llegado mis carias cuando el correo partit). b Ibid.
5 a ... Si este emperador tomase alianzn con el rcy de Francia, podria ser que por su tnedio anduviesen las cosas del Turco mas asosegadas. » Dépêche de Chantoney au roi, 7 juin 1505, ibid.
4 Le duc était allé accompagner la reine Elisabeth à Bayonne, où eut lieu une entrevue de famille entre la reine d’Espagne, Catherine de Médicis et Charles IX.
5 « Aunque él (l’envoyé de l’Empereur à Madrid) escribc al Emperador que V. M. se resolverd en lo del casamienlo luego que cl duque d’Alva vuelva de Francia, no me pareec que aeâ se quedu con satisl'accion. b D épêehedc Chantoney au roi, 50 juin 1505, ibid.
6 « Cada dia se nos va deshaciendo lo /jue te liabia dicliu de la indisposition de S. A. # Ibid.
de la princesse Anne qui lui était parvenu Maximilien commençait à soupçonner une mauvaise volonté cachée sous des prétextes spécieux et des retards prémédités*. La cour de Vienne, en outre, n’ignorait pas que Catherine de Médicis avait imaginé de marier sa fdle Marguerite de Valois «à don Carlos : l'Empereur ne pouvait savoir encore avec quelle froideur Philippe II accueillit ce plan dont Forquevaulx était spécialement chargé de lui exposer les avantages, et il était naturel qu’il s’inquiétât de lenteurs qui semblaient dissimuler de mystérieuses négociations 5 .
Rien cependant ne put faire renoncer le cabinet de l’Escurial à sa politique expectante. Il devait laisser longtemps encore le cabinet de Vienne dans l’incertitude. Pour entretenir toutefois des espérances qui servaient ses desseins, Philippe envoya en Allemagne Luis Vanegucs de Figuero a porter à la princesse Anne, de sa part et de la part de l’infant, des présents magnifiques, entre autres
‘ « Aci se lia scripto que S. A. desea la princes»... y que tionc un relralo de la princcsa eon que se buclga mucho. n Ibid. — La description de ce relralo est dans la liasse 1053 tics Conlad. gener. de Simancas : « Un relralo de la inl'anln doua Ana, de soda de colores, con très rubios y 1res csnicraldas y oelio perlas en la cabeza, y en el brazo izquierdo un rubî y una csnicralda con dos perlas, y en los brabones de entre los brazos olro tincos perlas, puesto en una caja redonda de ébano con una inoldura de plala sobredorada. » Voici la traduction de celte description : « Un portrait de soie de couleurs avec trois rubis, trois émeraudes el huit perles sur la tête : au bras gauche un rubis et une émeraude, avec deux perles; sur les bracelets cinq autres perles. Ce portrait est placé dans une boîte ronde en ébène, surmontée d’une moulure d’argent doré.
' « ... Maravillândose eu que si l'unda la dilacion si hay voluulad par cllo. » Dépêche de Chantoney, ibid.
5 Dépêches manuscr. de Forquevaulx, 5 décembre 1505.
-MISSION DE VANEGUES. i 00
«ne bague en diamants de trente mille éeus. Mais Vancgues ne reçut aucun pouvoir pour « procéder aux cérémonies requises aux mariages de si hauts princes l . » Il fut néanmoins fort bien accueilli par Maximilien et l’impératrice, et reçut l’expression de leur bonne volonté persistan'e. Tous deux le chargèrent de solliciter encore une réponse de Philippe 11, de lui exposer les inconvénients d’un si long retard et de l'assurer de leurs affectueux sentiments 2 . Une telle constance serait vraiment touchante, si 1 on ne savait combien un mariage espagnol était nécessaire aux intérêts de Maximilien. Cette alliance de lamille flattait la vanité de l’Empire et concentrait vis- «à-vis de l’Europe les forces de la maison d'Autriche. Maximilieu ne pouvait y renoncer aisément, et Philippe le savait bien. C’est pourquoi il ne se voulait pas prononcer jusqu au jour où les événements emporteraient sa résolution.
‘ Mpcchtîs iiianuscr. de Forquevaulx, 24 août 15G7.
« La e.nperalriz anda ton tnuto euidado descando ver carias de V M cou buena respuesla en los négocies de estes casamicntos que sicnlc nu.Llio les dias que larda... terne las novedad. s que con la dilacion se |)od"an ofrecer... ,,.de el Eenperador que se electuc, y desealo eon „.ucba al.con y la emperalriz con n.uy mayor. » Dépêche de Luis Vaneeues au loi, oO • epternbre 1 dG 7. AreL. Sim. Est., le". G87.
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