‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 72 sur 131 · LENTEURS DU CABINET ESPAGNOL. 1G · texte numérisé non relu

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avec la princesse Anne, et celle de Charles IX avec sa seconde tille Eléonore. Il ne put s’empêcher de laisser voir à Chanloney combien un mariage avec le roi de France lui semblait préférable à un mariage avec le roi de Poilugal Puis il insista encore pour une détermination prompte au sujet du prince d’Espagne, et mit Philippe Il en demeure de déclarer nettement sa résolution définitive 1 * * 4 .

Le cabinet de l'Escurial n’en conserva pas moins son attitude énigmatique, ce qui se comprend aisément. Philippe 11 n’avait rien à craindre : il était parfaitement sûr que Maximilien, voulant donner sa seconde lillc au roi de France, lequel semblait disposé à l’accepter, ne lui offrirait pas bénévolement l’aînée : or, comme il n’existait pas alors en Europe un parti comparable à don Carlos pour la princesse Anne, une fois le roi de France marié, cette princesse devait forcément se trouver toujours heureuse d’épouser l’infant d’Espagne. Maximilien ne pouvait risquer, en la donnant au roi de France dans un moment d'impatience, de perdre toute chance de marier brillamment sa seconde lillc’ Eléonore : il n ignorait pas que jamais Philippe II ne consentirait à l’accepter pour don Carlos du moment que le roi de France aurait obtenu 1 aînée. Le roi d’Espagne demeurait donc dans la plus grande sécurité, et il abusait, à l’avantage de sa politique, de la situation où la force des choses avait

1 « Dândome Iiarlo â eulender que ténia ci partido de l‘ortugal min

desigual del de Francia. » Ibid.

* «... A lo nicnos declarase résolu ta meule V. M. si quena esta pruicc.a

para el principe de Espana. a Ibid.

placé Maximilien : tranquille au sujet tic la princesse Anne, qu’il savait devoir retrouver à volonté, jl cherchait tous les moyens d'empêcher le mariage du roi de France avec la seconde fille de l’Empereur, car cette alliance était pour lui un grave sujet d’inquiétude et de jalousie : il n’ignorait pas qu’une fois la princesse Anne mariée avec don Carlos, l'Empereur, délivré de tout souci pour l’établissement de sa fille aînée,, était libre de marier sa seconde fille à son gré, et il préférait, en le laissant dans l’incertitude, conserver un moyen d’action sur sa volonté. Peut-être espérait-il l’obliger à lasser Catherine île Méditis par ces atermoiements qui étaient le contrecoup de ses propres lenteurs et à décider un mariage portugais {tour la princesse Eléonore. Une fois celle dernière alliance conclue, il aurait consenti à accepter la princesse Anne pour don Carlos, et Charles* \\ était frustré de toute espérance du côté de l’Empire. Il est vraisemblable que tel était son plan, et les circonstances d’ailleurs lui imposaient de gagner du temps, car don Carlos, bien qu’il prît fort à cœur les négociations et qu'il eût même prié Chantoney de lui écrire ses sentiments sur les dispositions de la cour impériale et sur la princesse de llohême *, ne paraissait pas devoir être de longtemps apte au mariage.

Maximilien et l’impératrice étaient cependant trèsimpatients de recevoir une réponse officielle à leurs in^ stances réitérées; à chaque courrier de Madrid, ils s’ima-

* « El principe que me mandé que le eseribiese sobre elle. » Lellrc de Chantoney à Gonzalo l’érez. SI mars 1565. Arcli. Sim. Est., leg. 655.

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