‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 85 sur 131 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

CONSIDÉRATIONS SUR I.Ï.TAT PHYSIQUE ET MORAL DK DON CAR (.OS MISSION’ b'üSOItlO

ROLE DE DON JEAN d'aETRICIIE EN CETTE CIRCONSTANCE INQUIÉTUDES DE PHILIPPE II. — DÉCOUVERTE CES PLANS DU P..IXCE

Durant ccltc année 1567, les rapports du roi et de l'inlant subirent successivement jilusieurs modifications, selon les diverses dispositions de don Carlos. 11 retrouvait souvent, en effet, des périodes sinon de calme absolu, du moins de raison relative. Si, dans son état général, son cerveau était faible et troublé, sa folie proprement dite n'était qn intermittente. Les dépêches de l'ambassadeur dé France nous le montrent, en mai 1507, d’accord avec son père, qui venait d'augmenter ses revenus; mais, en juin, la situation n'est plus la même; Forqucvaulx remarque de nouveaux indices de désunion, et il écrit : «11 y a eu quelque pii'nse (prise, querelle)

DOS CAM.OS ET PIIIE'PPE II

entre le roi Catholique et son fils pour les désordres que celui-cy continue à l’aire assez mal à propos; » c’est dans ce même mois que le médecin de la reine déclarait que l’infant ne serait jamais apte au mariage. En juillet, on crut un instant que le traitement imposé à don Carlos réussirait à corriger ce vice de nature, et en même temps le prince parut se rapprocher du roi : « Il est à présent le bon fils, écrit l'ambassadeur, de sorte qu'il a de sou père tout ce qu’il veult. Il commande absolument en beaucoup de choses et veult estre obéi sans resplique. » Ces paroles sont confirmées par les rapports des gens de la maison de l’infant, rapports que j’ai cités plus haut, cl ils emploient exactement les memes termes pour caractériser l’esprit impérieux et irascible de don Carlos. Forquevaulx était donc bien informé, et nous devons croire, connaissant du reste sa prudence, qu'il n'envoyait pas à Paris des renseignements pris à la légère.

Or, n’v a-t-il pas lieu d’apercevoir une singulière corrélation entre les dispositions physiques de l'infant et les faits moraux qui nous ont frappés? Je prends deux mois de sa vie; dans l’un, juin 1567, énervement complet du malade, découragement des médecins, et on même temps surexcitation des idées, actes violents qui nous sont demeurés, il est vrai, inconnus, mais qui sont suffisamment indiqués par le mot de Forquevaulx : « Dés*ordres que le prince continue à faire mal à propos. » Dans l’autre mois, au contraire (juillet 1567), amélioration dans les fonctions organiques, espérances manifestées par les médecins, et en même temps conduite plus ré-

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