CONSIDÉRATIONS SUR L’ÉTAT PHYSIQUE DE L’INFANT
gulière, apaisement du cerveau, symptômes suffisamment démontrés parla satisfaction du roi.
Ce rapprochement, que les dates des dépêches de l’ambassadeur et un peu d’attention donnée aux faits me mettent à même d’établir, est à mes yeux d’une grande importance. Nous avons reconnu précédemment que des fièvres quartes intermittentes avaient tourmenté l’enfance et la première jeunesse du prince, qu’au moment de la chute d Alcala, depuis cinquante jours, il est vrai, la fièvre avait cessé, mais qu elle reparut après cet événement, par accès plus ou moins longs, comme autrefois. Nous avons observé eu même temps que dès avant le séjour à Alcala, les maîtres de don Carlos se plaignaient en termes vagues do son insubordination, et même exprimaient des inquiétudes extrêmement vives, qu’à la suite de cet accident terrible qui laissa évidemment des traces dans l’organisation physique de l'infant, apparaît celle série d’actes violents attestés par nombre de documents sérieux. Nous avons remarqué encore que par suite de cet état fiévreux, le prince, à vingt-trois ans, n’était pas encore apte au mariage. Nous avons été frappés de ce fait incontestable que les indices de maladie mentale, révélés par diverses circonstances de sa vie, se produisent par intervalles aussi bien que les indices de maladie physique, que parfois l'infant paraît raisonnable et doux, parfois aussi d’une santé, sinon vigoureuse, du moins assez satisfaisante pour qu’on puisse en donner de bonnes nouvelles sans mentir, soit à son père, soit aux souverains étrangers; que de même, pour ce qui concerne sa virilité, tantôt les médecins
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espèrent, et tantôt ils se découragent. Nous voyons en outre, par un dernier témoignage tout à fait spécial et préejs, que son état mental répond exact- ment à son étal physique ; que le dernier s’affaiblissant, le premier s’égare; que celui-ci devenant meilleur, celui-là se raffermit. One conclure de ces nombreuses observations? Les deux dispositions, morale et physique, sont également prouvées; leur connexion me semble désormais évidente. L influence fébrile tourmente également le corps et l’esprit de l'infant; l'état de son intelligence s'élève ou s’abaisse selon le niveau de sa santé; quand là fièvre se déclare, quand la faiblesse générale, caractérisée par les symptômes de l’impuissance, se manifeste avec plus d’évidence, l’esprit, par suite d’une réaction fréquemment observée par la science, acquiert une surexcitation redoutable; quand, au contraire, le corps se fortifie et la fièvre diminue ou disparait, un calme inusité se répand dans cette débile nature. Les alternatives de douceur et de démence furieuse, qui ont été si diversement appréciées par les historiens, s’expliquent donc par les alternatives de santé et de maladie que subit constamment l’organisation dn prince d’Espagne.
La disposition mentale avait longtemps affecté diverses formes, s’était manifestée par dis caprices ou des emportements renouvelés et modifiés suivant les circonstances, mais on a vu que, depuis près d’une année, une seule pensée avait dominé toutes les autres. Dans un seul désir, celui de quitter l’Espagne, s’étaient concentrées les forces disséminées naguère en dos fantaisies multipliées. Avant d’aller plus loin il importe donc de