ARRESTATION DE L'INFANT
Sur un signe, le comte de Lcrme et Ruv Cornez entrèrent dans la garde-robe, où ils prirent les pistolets et les arquebuses du prince 1 ; et le prieur don Antonio saisit un coffret d'acier, plaqué d or, où se trouvaient les papiers de l'infant*. Philippe, en même temps, fit enlever tous les instruments de fer ou d’acier qui se trouvaient dans la chambre 3 , jusqu’aux chenets de la cheminée s , puis, passant la main sous les coussins du lit , il en tira une bourse pleine 5 (celle de Quinlanilla *) et quelques clefs dorées 7 . Dans un coffre il trouva encore trente -six mille écus d’or, lin diamant de vingt -cinq mille écus et quelques bagues de grande valeur \
1 Ce détail est rapporté par de Tliou et pur Ilerrera, et il est certain en elTctquc don Carlos avait quelques arquebuses comme armes de luxe et d’agrément. Il s’amusait souvent à tirer de l’arquebuse. Dans les comptes de sa maison, on cite 00,000 maravédis que lui gagna don Juan d’Autriche à ce jeu d’adresse : « 00,000 maravédis por tantos que habia ganado à S. Â. cstando en Snn-Gcrénimo â lirar con un areabuz. » Arcli. Sim. Contad. gener., 1* época, leg. 1110.
* «Mandé al prior don Antonio llcvase un cofrecillo deaccro cmbulido de oro. » Cabrera, loco cit.
5 « Candellieri, grielli et i capifuocbi c tulle nllre simili cosc furono levate via. » Itagguaglio , etc. Ms. déjà cité. — Ferreras, loco cit.
4 Dépêches manuscr. de l’ambassadeur de Toscane, 21 janvier 1508.
9 « Met ié) la mano debajo de las almohadas, y hallê una boisa de cucro con algunos escudos. » Salazar de Mendoza, Üignidades se g lares, etc., loco cit. — « Saco una boisa con algunos escudos. » Colinenarcs, loco
6 « Y estos dichos cien ducados postreros son los que S. A. ténia al tiempo de su rccogimiento en su boisa, como lo sabe Ituy Cornez y otros. » Note de Quinlanilla, déjà citée. Arch. Sim. Contad. gener., 1* época, 1110.
1 « \ unas Hâves doradas. » Salazar, loco cit. — «Y unas Hâves. » Colmenares, loco cit.
* « Sont esté trouvés environ 56,000 crcus dans ses coffres, en or, un
Cependant Santoro et Bernate enclouaient les fenêtres *.
Quand ces recherches furent terminées, Philippe fit venir les officiers qu'on nommait monteros de Espinosa et qui étaient chargés de la garde noclurne du palais, puis, leur adressant la parole avec sa gravité inflexible : « Je vous charge, leur dit-il, de garder le prince d’Espagne et d’exécuter les ordres que vous donnera en mon nom le duc de Feria, auquel je le confie *. »
Tout était achevé. Le roi se retira dans ses appartements. La destinée de don Carlos s’accomplissait : l'héritier de la monarchie était prisonnier d’Etat.
diamant qui luy a couslé 25,003 escus, et aultres bagues qui ne valent pas moins, a Dépêches manuscr. de Forquevaulx, 22 janvier 1508.
1 « Iudi a gli njulnnli clic i chiodi et i martelli liavevano portali seco, impose ehe le fcneslre inchiodasscro. » Itagguaglio, etc. Ms. déjà cité, — Relazione, etc. Ms. déjà cité.
* Le duc de Feria était capitaine des gardes : « Poi consigné la person® del principe ai detli quallro di State, ma principalmcnle al duca di Feria como a capo délia sua guardia. » Itagguaglio, etc. Ms. déjà cité. — Ferreras, IX, loco cil. — « Volvié a la antccuinara donde hazian la guardia jos monteros y les dixo : « Guardaréis en la guardia del principe el érden « que os diere cl duque de Feria en mi nombre. » Salozar, loco cit. — Colmenares, loco cil.