‹ Don Carlos et Philippe 2. Charles de MouyChapitre 97 sur 131 · ARRESTATION DE L'INFANT · texte numérisé non relu

ARRESTATION DE L'INFANT

dôme 1 . Quelques instants après ils étaient sur le seuil de la chambre où don Carlos était couché. Grâce aux soins des camériers de l’infant, la porte était entrouverte*. Tous entrèrent sans être aperçus.

La chambre était éclairée : le prince, sur son lit 3 , le dos tourné à la porte *, s’entretenait avec le comte de Lcrmc, don Fadrique Em ique/, et don Rodrigue de Mendoce, officiers de sa maison. Le bruit des voix empêchait d entendre marcher sur les tapis, et Philippe II, avant d’être vu de l’infant, put enlever l’épée et le poignard suspendus au chevet du lit. 11 les remit à Santoro 5 , puis se montra* en pleine lumière, entouré de ses conseillers silencieux et immobiles.

I/effel de cette apparition soudaine fut terrible : la scène prit tout à coup un caractère sombre et navrant. Elle fut à la fois lugubre comme un drame, solennelle comme l'exécution d’un coup d’Etat. Don Carlos, épouvanté à la vue du sévère visage de son père qui se dres-

• a Aperla la parla del retrelo con la chiave ordinaria di Ruy Gomcz. a Helasione, etc. Ms. déjà cité.

i « Trovate l’altre porte aperte. » Ibid.

3 « Estava cl principe en la cama. a Colmenares, loco cil. — « Dovc slava colcato. a Iielazione, etc. Ms. déjà cité. — Uelacion de un ugier, etc.. Ms. déjà cité. — Salazar de Mendoza, Dignidades seg lares, etc., loco cil.

4 « Volto ail’ uscio le spalle. » Mgguaylio, etc. Ms. déjà cité. — « Con le spalle volte alla porta. » Helazione , etc Ms. déjà cité.

5 « E prima gli ebbe S. M. dal capo del letlo tolta et a Santoro data la spada e il pugnalc, » etc. Hagguaglio, etc. Ms. déjà cité. — « Tomélc la espada que ténia a la cabecera. >> Colmenares, loco cil. — « Non prima s’avide cbe già S. M. l'havea preso la spada. b Helazione, etc. Ms. déjà cité. — « Quitéle la espada que ténia à la cabecera. » Ilerrcra, llist. generale, I, x, 290. — Cabrera, lococit. — Strada, loco cil. — Ferreras, loco cil.

sait devant lui, sc jeta hors du lit en s'écriant : « Que veut Votre Majesté? ma liberté ou ma vie? — Ni l une ni l’autre, répondit le roi avec un grand sang-froid et beaucoup de douceur : demeurez calme 1 . » Mais le désespoir de l’infant touchait au délire et ne lui permettait plus de rien entendre. Don Carlos courut vers la cheminée et voulut se précipiter dans le feu qui illuminait tout l’appartement de ses grandes flammes. Le prieur don Antonio le retint*, et l’infant, éperdu, se jeta aux pieds de son père, lui demandant la mort comme une grâce. Mais Philippe, dont rien ne semblait émouvoir l’impassibilité, lui dit de ne rien craindre, lui ordonna de se remettre au lit, et ajouta : « Ce que je fais est pour votre bien 3 . » Lq, prince, dont les forces étaient épuisées, demeura enfin immobile et comme frappé de stupeur, et Philippe, qui avait hâte d’en finir, donna rapidement ses ordres aux muets témoins de celte scène.

* « Y viéndolcs S. A. desde cl lecho, dixo : a iQue quiere a tal ora por « ara cl consejo de EsUdo? » Cabrera, loco cil. — « Se sentéen la eama, y dixo con mucha alteracion : « ^Que es eslo? ^Quiere me niatar? » Dixo el rey muy severo : « No os quiero malar. » Colmenares, loco cil. — a II quai turbato elevato in piedi sui lelto domandù al padre se veniva pc r torgli la vita o la libertà. — Nè l’una ne l’fcltra, rispose il re : quietatevi. » Bagguaglio, etc. Ms. déjà cité. — « iQue quiere V. M.? <,Que ora es 2 £ Quiere V. M. me malar 6 prender? » Belacion de un ttgier, etc. Ms. déjà cité. — Belazione, etc. Ms. déjà cité. — « Con mueba blnndura. » Hcrrera, loco cil.

8 « Fù allora il principe per gctlarsi nel fuoco il quale ardeva nella caméra grandissima. Ma il priordon Antonio lo ritenne. » Bagguaglio, etc. Ms. déjà cité.

5 Belacion de un ttgier, etc. Ms. déjà cité. — Ferreras, loco cil. — « Si getlô a piedi del padre, pregando clic l ammazza«se, il qualc con Y usata sua temperanza, gli disse che si acquietasse, e l'atlole ornarc al letto. > Bagguaglio, etc. Ms. déjà cité.

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