‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 113 sur 199 · îc/., 23 septembre · texte numérisé non relu

îc/., 23 septembre

3. Lettre du Nonce (26 septembre 1367). — Dépêches de Forquevaulx du 23 et de Dietrichstein du 26.

ARRESTATION DK MONTIGNY 221

lippe, après avoir tenu durant deux années toutes les cours en suspens, se moqua fort agréablement, en causant avec la reine, de leur naïve crédulité. Je veux citer le mot qui lui échappa alors et qui peint l'homme. Forquevaulx le tenait d'Isabelle elle-même: le roi avait dit « qu'on pouvoit aisément deviner qu'il n'iroit pas en Flandres, ces deux années passées, par cela mesme qu'il en fesoit si grande ostentation ». Ainsi l'Europe entière avait été sa dupe, mais elle le connaissait mieux désormais : on savait que s'il disait ouvertement « devoir faire quelque chose concernant son service, c'estoit enintentiondenelapointfaire*. » Il avait bien joué sans doute, mais au fond il n'avait pas atteint son principal but, qui était d'épouvanter les Flamands par la perspective de son voyage ; il n'avait obtenu de cette ruse aucun résultat sérieux, et il avait livré aux puissances rivales le secret de sa politique *.

L'émotion de don Carlos fut profonde : « Il est bien marri, dit Forquevaulx, et ne peut s'en taire. » Il parut alors de plus en plus disposé, soit de luimême, soit d'après les suggestions du baron de Montigny, à préparer un départ clandestin^. Mais Philippe lui enleva brusquement cet auxiliaire : en octobre 1567, M.deMontigny fut arrêté et enfermé àTalcazar

Page 1