L'INFANT CONFIK SON PROJET A DON JUAN D'AUTRICHE
nombre des seigneurs auxquels l'infant avait écrit sa première lettre, et qu'il avait, comme eux, fait part au roi de cette étrange communication *. J'hésite à le croire. Don Carlos et don Juan se vovaient sans cesse et dans la plus grande intimilé, et il est peu vraisemblable que l'infant ait écrit solennellement à son oncle. Lui a-t-il confié sa pensée dans une conversation particulière? c'est ce qu'il est impossible de savoir. Don Juan a-t-il, dans cette hypothèse, rapporté à son frère les paroles de l'infant? Rien ne peut ici être affirmé; mais si, à cette époque, il a reçu quelque confidence de don Carlos, peut-être at-il préféré combattre par ses exhortations et ses conseils la résolution de son neveu. Quoi qu'il en soit, il y a évidemment confusion lorsqu'on lui fait répondre aux ouvertures du prince qu'il l'aiderait volontiers pourvu que ce ne fût pas dans une entreprise contraire au service du roi ^. C'est la réponse des seigneurs, et elle lui est à tort attribuée.
Maintenant comment agit-il durant ce mois de décembre 1567, où bien certainement don Carlos lui parla de ses projets? Osorio n'était pas de retour, le prince n'avait pas d'argent; rien ne pressait encore : don Juan a-t-il dès lors dénoncé les plans de don Carlos? Il partit, il est vrai, pour l'Escurial, où il passa les fêtes de Noël, et l'on en a conclu qu'il avait, pendant son séjour au palais, tout révélé à son frère. Nous ne pouvons ici nous appuyer sur aucun