‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 133 sur 199 · DON CARLOS ET DON JUAN D'AUTRICHE · texte numérisé non relu

DON CARLOS ET DON JUAN D'AUTRICHE

Quintanilla put apporter la bourse pleine, et remit à son maître les derniers ducats que don Carlos ait possédés. Le prince ne les devait dépenser jamais *. Ce dimanche, au matin, Philippe se rendit publiquement à la messe, accompagné de son fils, de don Juan d'Autriche et des princes de Bohême. Au sortir de la chapelle, il s'entretint longuement avec don Juan, puis il employa le reste de la journée à recevoir divers ambassadeurs, Il montra dans ces audiences une liberté d'esprit qui les étonna depuis par souvenir *. Don Juan, pendant cette réception, alla rendre visite à don Carlos. L'infant avait été surpris du prompt retour de Philippe II, qui avait immédiatement suivi sa confidence à don Juan; la longue conversation de son père et de son onclfe après la messe avait confirmé ses soupçons. Il se lugea trahi, et son indignation fut telle qu'elle lui fit oublier, en un instant, les plus simples notions du devoir et de l'honneur. A peine vit-il don Juan que, se contenant à peine, il lui demanda quel avait été le sujet de son entretien avec le roi au sortir de l'église. Don Juan répondit qu'il avait été question des galères qui appareillaient dans les ports d'Espagne. Cette réponse était conforme à la vérité peut-être; les

1. « Preste & S. Â. doscientos escudos en oro, los cientos una noche, y los llevô en 'su boisa al aposento de la reyna para jugar al clavo, y cuando bajô S. A., no baj6 ninguno en su boisa, lo cual diô à don Rodrigo de Mendoza, y mandô que me la dièse para que en la maâana siguiente le trajese otros cien escudos en oro y que no volviese sin ellos, los cuales busqué y le di en presencia de los de su c&mara. » Note de Quintanilla. Arch. Sim. Gontad. gêner., 1* época, leg. lliO.

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