‹ Don Carlos et Philippe IIChapitre 165 sur 199 · SERVICE DE L'JNFANT EN PRISON · texte numérisé non relu

SERVICE DE L'JNFANT EN PRISON

les instructions les plus minutieuses, et durent s'y conformer avec une scrupuleuse exactitude. A l'exception de ces gentilshommes qui étaient de service alternativement, nul ne pouvait être admis auprès du prince, sauf quatre personnes : son confesseur, son barbier, un valet de chambre et un médecin du roi- Le barbier était Quintanilla, le confesseur, le P. Diego de Chaves, le médecin, le docteur Olivarés *. Don Carlos fut transféré dans une autre chambre comprise dans ses appartements 2, et là il fut incontestablement soumis à une assez rigoureuse captivité. On avait prétendu dans les premiers moments, car le bruit public se plaît à exagérer les choses, que le prince avaitles fers aux pieds : c'était une erreur que l'ambassadeur de France s'empresse de reconnaître après l'avoir partagée ^. Que ses fenêtres aient été

Ruy Gomez y el doctor Martin de Velasco del consejo y câmara, y les recibieron pleito omenage ante Francisco de Hoyo, secretario de càmara. » Jbid* — « Debaxo del juramento y pleito omenage, hecho y fidelidad que devian â S. M., como devian por juramentO' gênerai de sus oficios, y del particular que les tomaria Ruy Gomez en la forma dispuesta para lo que les estaba cometido. » Cabrera,. loco cit.

i. « Yotros no avian de entrar sin expresa licencia de S. M., sinoel médico y el barbero. » Cabrera, loco cit. — « Al cual no entra alcuno se non certi deputati per servirlo. » Dépêches manuscr. du nonce, 4 février 1568. — Quant au confesseur, il est clair qu'il avait ses entrées dans la chambre du prince. Nous verrons plus loin que don Carlos se confessa fréquemment pendant sa captivité.

2. « É posto in una stanza délie suepiû sicura e di manco impedimento al palazzo. » Dépêches manuscr. du nonce, 4 février. — « Aposento senalado , » dit Philippe dans sa lettre aux villes d'£spagne. — « Uila sola stanza si é lasciata al principe, chiamata la Torre. » Ragguaglio, etc. Ms. déjà cité. — « En une bonne chambre d'une grosse tour de ce palais. » Dépêches manuscr. de Forquevaulx, 5 février 1568.

3. « Car le prince est prisonnier dans sa chambre^ les fers aut

garnies de barreaux, c'est peut-être plus vraisemblable * : le roi redoutait tellement un suicide provoqué par le désespoir, qu'on peut supposer au moins une défense absolue d'ouvrir les fenêtres pendant tout le premier mois : il est certain toutefois qu'en mars don Carlos fut affranchi de cet ordre rigoureux et qu'il eut la liberté de respirer l'air et de voir « la campagne et les passants * » . Néanmoins, il ne devait jamais rester seul, même la nuit : durant les cinq premiers jours, le duc de Feria » et, plus tard, le comte de Lerme eurent leurs lits dressés dans sa chambre *. Chaque nuit, alternativement, des gentilshommes désignés et deux mon^ero^ veillaient dans une des salles attenantes^, les autres pièces formaient l'appartement du prince d'Eboli ^. Le jour, deux

pieds. » Dépêches manuscr. de Forquevaulx, 19 janvier. — « Lequel prince n'a point les fers aux pieds, comme Ton disoit, ains est servi comme par avant. » Ibid., 22 janvier.

i. « Gon fenestre alte, piccole e ferrate. » Ragguaglio^ etc. Ms. déjà cité. — « Il n'a pour tout son logis que ladicte chambre et la fenestre bien grillée de fer. » Dépèches manuscr. de Forquevaulx, 5 février. — « Il demeure continuellement enserré sans sortir ny pouvoir seulement mettre la teste à la fenestre. » Ibid., 8 février.

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